Les femmes ménopausées qui prennent des médicaments contre le cholestérol présenteraient un risque accru de développer un diabète de type 2, affirme une nouvelle étude.
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Plus de trois millions de Canadiens suivent un traitement à base de statines pour abaisser leur niveau de cholestérol dans le sang, un phénomène qui toucherait un tiers de la population, selon la Fondation des maladies du cœur du Canada.
Or, une nouvelle étude, qui vient d'être publiée en ligne dans Archives of Internal Medicine, une publication du prestigieux Journal of the American Medical Association, lance un pavé dans la mare.
50 % de risques de plus d'avoir du diabète
Les auteurs de cette recherche ont passé au crible des données médicales issues d'études menées entre 1993 et 2005 sur près de 154 000 femmes âgées de 63 ans en moyenne et ne souffrant pas de diabète.
Leurs conclusions? Il existe bien un lien entre la prise de statines et l'accroissement du risque de diabète de type 2. En effet, les femmes post-ménopausées sous statines avaient presque 50 % de risques de plus de développer du diabète que celles qui ne prenaient pas de médicaments anticholestérol.
Par ailleurs, soulignent les chercheurs, ce lien concerne tous les types de statines et il persiste après une correction des autres facteurs de risque de diabète, tels l'âge, l'origine et l'indice de masse corporelle.
«Cette étude montre qu'il va falloir mieux évaluer le rapport bénéfice-risque des statines», conclut l'un de ses auteurs, le Dr Yunsheng Ma, de l'École de médecine de l'Université du Massachusetts.
Ne pas cesser un traitement
Mais attention, insiste le Dr Marc-André Lavoie, chef du service de médecine interne de l'Institut de cardiologie de Montréal, «les personnes diabétiques et celles qui souffrent de maladies cardiovasculaires avérées ne doivent en aucun cas cesser d'elles-mêmes de prendre les statines qui leur ont été prescrites par leur médecin. À ce jour, ces médicaments restent la meilleure assurance pharmacologique contre les problèmes cardiovasculaires».
Par contre, précise-t-il, «dans le cas des femmes post-ménopausées qui n'ont ni diabète ni problèmes cardiovasculaires avérés, l'augmentation du risque de développer un diabète en prenant des statines en prévention primaire doit être soigneusement mesurée par le médecin».
Surtout, souligne le Dr Lavoie, il faut se rappeler que le meilleur médicament pour endiguer l'actuelle épidémie de diabète qui sévit en Amérique du Nord est d'avoir une bonne hygiène de vie, notamment en pratiquant une activité physique. «Beaucoup de gens s'appuient sur les statines, mais ce n'est pas une pilule miracle. Et le niveau de cholestérol dans le sang n'est pas un indice de bonne santé globale, il faut prendre en compte d'autres paramètres, comme l'indice de masse corporelle ou le poids.»
À lire
Médicaments contre le cholestérol, février 2010.
Du café et du thé contre le diabète?
Une étude chinoise, qui vient d'être publiée dans le Journal of Agricultural and Food Chemistry, montre qu'une consommation régulière de café ou de thé est associée à un risque réduit de diabète de type 2.
Café et thé renferment en effet une grande quantité de composés
polyphénoliques (antioxydants), des substances qui empêcheraient la
formation d'accumulations de protéines amyloïdes dans le pancréas,
protégeant ainsi sa fonction de production d'insuline.
Depuis le milieu des années 2000, plusieurs études menées en France, au
Brésil et en Australie, notamment, ont déjà conclu que la consommation
de thé et de café réduisait le risque de développer un diabète de type
2.
L'exercice physique avant tout
Cela dit, souligne le Dr Marc-André Lavoie, «l'épidémie actuelle de
diabète de type 2 est d'abord due au manque d'exercice et d'entraînement
musculaire. C'est un problème d'insulino-résistance, c'est-à-dire que
les gens sont en mauvaise condition physique et que l'insuline n'arrive
plus à transporter le sucre dans leurs muscles».
«Café, thé, cannelle... tous ces produits peuvent avoir un intérêt,
admet le spécialiste mais il est tout à fait utopique de penser qu'ils
pourraient devenir une panacée contre le diabète.» De toute façon,
souligne-t-il, «rien ne sert d'aller contre la nature. Le but n'est pas
de produire plus d'insuline, mais de rétablir son “signal” dans
l'organisme et d'assurer un bon fonctionnement du pancréas en étant plus
en forme sur le plan musculaire».
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