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La maltraitance médicale?

Par Marc Zaffran, médecin généraliste et écrivain

Mise en ligne : septembre 2011

 | 

Magazine : octobre 2011

Illustration: Christine Roy

Nous partons de l’idée qu’un professionnel de la santé est «par nature» porté à faire le bien pour les autres. Rien n’est moins vrai.

Il n’est pas rare que des personnes se plaignent d’avoir été maltraitées (ou, en tout cas, de ne pas avoir été bien traitées) par leur médecin. Ces mauvais traitements ne sont pas nécessairement des traitements mauvais qui leur ont été prescrits, mais des attitudes, des paroles, des gestes qui leur ont été infligés.

Ils sont de natures très diverses et pas nécessairement «spectaculaires» ni faciles à démontrer: attitude méprisante ou hautaine; questions intrusives ou indiscrètes; viol de la confidentialité auprès d’un tiers; brutalité physique; examens, tests ou traitements inutiles ou imposés; déclarations menaçantes («Si vous n’obéissez pas à mes instructions, vous êtes en danger»); refus de répondre aux questions, voire de les écouter; utilisation expérimentale d’un médicament en dehors de la réglementation; abus de position d’autorité; etc.

Les sources du problème
Et bien sûr, les médecins «maltraitants» ne le sont pas tous volontairement. Certains le sont par excès de zèle, car en infligeant des examens ou des traitements inutiles ils soignent d’abord leur ­angoisse. D’autres se désintéressent de la souf­france des patients parce qu’eux-mêmes sont mal dans leur peau ou déboussolés par des problèmes personnels. Saviez-vous que la profession médicale est l’une des plus frappées par l’alcoolisme, la toxicomanie, le suicide, le divorce, l’infarctus du myocarde, les troubles du comportement et la mort prématurée? Autant dire que cette population n’est pas composée seulement de personnes en bonne santé physique et mentale…

Il y a aussi des différences culturelles dans le comportement des médecins. Ainsi, alors qu’au Royaume-Uni et en Amérique du Nord il est de coutume de ne jamais examiner une personne entièrement nue, dans un pays comme la France, beaucoup de gynécologues continuent à faire déshabiller entièrement leurs patientes. Ce comportement est le produit de coutumes très anciennes. Mais il traduit un refus singulier de réviser certaines pratiques pour le bénéfice du patient – ce qui, en soi, est un comportement ­antiprofessionnel et, par là même, une maltraitance.

Des pistes de solution
Les victimes de ces maltraitances demandent: «Comment un médecin peut-il se comporter ainsi?» La réponse est que cela n’a rien d’étonnant. Même si beaucoup sont «coulés dans le même moule» biomédical ou pédagogique, chaque médecin a sa personnalité propre, et c’est elle qui teinte son comportement médical.

Et malheureusement, pour prévenir cette maltraitance, les codes de déontologie et de bonnes pratiques ne suffisent pas plus que le code de la route ne suffit à empêcher les comportements dangereux en voiture. Ce qui fait diminuer les accidents de la route, c’est la prévention par ­l’éducation.

Or, il n’existe pas, à ce jour, dans les facultés de médecine, de réflexion généralisée sur les gestes de maltraitance perpétrés par les professionnels, sur la manière de dépister les comportements ou les personnalités à risque chez les étudiants, sur la prévention de ces mauvais traitements. Ce serait pourtant nécessaire.

Car les médecins, eux aussi, ont l’obligation de bien se conduire.

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  • 20 janv. 2012
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    Participation de Sylvie Binette

    Commentaires publiés : 1

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    Par Sylvie Binette
    (Participant occasionnel)

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    Depuis le mois d'aout 2010 j'ai passé des examens dans le privé , car je doutais qu'il se passait quelque chose de pas normal dans mon corps. Tout a commencé par un écoulement du sein. Alors je vais voir mon doc de famille et celui-ci m'envoie passer une mammographie + écho. Arriver a mon R"D"V pour ma mammographie tout va bien , mais lorsque je passe l'écho ,la radiologiste me dit : mme on ne verra rien car vous avez une falcification mammaire, mais me fait passer l'écho quand même.Donc les résultats savère normal. Mais je file pas mieux les mois qui suivent, je retourne voir mon doc de famille et me fait passer écho abdominal + scan. Je fais tout cela mais la encore il s'avère rien de bien énervant. Il me réfère a un chirurgien et lui me dit c'est sa donc si je me fie au résultat je dois tout vous otez dans votre corps, foie, pancréas, ovaire, utérus etc etc. Alors je retourne chez moi , mais sa file pas . Une bonne crise me pogne et la je rentre a l'hopital et il me garde car je leur est fait une crise lorsque le 2 ième triage a lieu et ma pression a augmenter a 189. Donc examens par dessus examens. Par un scan thoracique ils voient quelque chose et on me fait une biopsie. Le verdit tombe cancer avec métastases au péritoine et dans les os stade 4. Mon chirurgien me demande s'il j'avais eu quelque chose les mois avant et je lui dit oui mon sein a coulé. Alors mammographie et échographie aggrandit 8 x, j'ai le cancer du sein stade 4.Je me demande si c'est l'incompétance de la radiologiste ou de mon médecin de famille? Et que puis je faire avec sa?J'en ai pour environ 7 ans a vivre si tout va bien. Comment accepter un tel diagnostique sans rien faire?

  • 19 sept. 2011
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    Participation de Claude LaMothe

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    Par Claude LaMothe
    (Participant occasionnel)

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    Je crois comprendre ce que dénonce l'auteur de cet article surtout lorsqu'il parle d'excès de zèle de certains médecins pour soigner leur angoisse. C'est une situation que j'ai vécue il y a quelques années alors que le médecin qui m'a accueillie à l'hopital, semblant paniquer devant mon état, m'a mis dans la bouche des mots qui dépassaient de beaucoup la réalité et m'ont fait paniquer à mon tour, puis a commandé une série de tests que je ne pouvais pas refuser, dont deux ponctions lombaires (il voulait m'en faire une troisième que j'ai refusée). Par la suite, j'ai consulté un spécialiste pour obtenir un avis: il m'a laissé comprendre qu'il y avait eu excès de zèle. Cette expérience m'a aussi appris qu'il est bien difficile de sortir de l'appareil médical une fois qu'on y est entré, car la médecine pense détenir la vérité.

  • 18 sept. 2011
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    Participation de Guylin Bilodeau

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    Par Guylin Bilodeau
    (Participant occasionnel)

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    Les médecins forment une clique qui se tiennent les uns les autres et où l'hypocrisie est reine. Ces egos surdimensionnés n'ont effectivement pas souvent d'empathie et sont méprisants.

    Un cobaye de chirurgie plastique pendant 25 ans

    • 14 nov. 2011
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      Participation de Jean-François Roussy

      Commentaires publiés : 6

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      Par Jean-François Roussy
      (Participant occasionnel)

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      Votre commentaire est méprisant et complètement inutile... si vous avez un problème médical qui s'échelonne sur 25 ans, je crois que vous êtes sûrement frustré et chercher à trouver des coupables...
      La généralisation est toujours la solution facile...

  • 18 sept. 2011
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    Participation de CHANTAL MARCIL

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    Par CHANTAL MARCIL
    (Participant occasionnel)

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    S’il est vrai qu’il eut été pertinent d’appuyer certains propos de l’article par des sources, il est également vrai que les comportements énoncés existent, et sont moins pardonnables de la part d’un médecin qu’ils ne le seraient de la part d’une personne exerçant une profession aux exigences moins élevées. Cet article ne nie pas le nombre d’heures travaillées par les médecins, ni le dévouement dont certains – la plupart peut-être – font preuve. Mais il fait état d’une réalité souvent soumise à la loi du silence, bien des patients ayant peur des représailles. Un patient, surtout s’il souffre d’une affection chronique, est en quelque sorte un otage : du bon vouloir (et de la compétence) de son médecin dépend pour ainsi dire sa vie. De là, peut-être, la tentation qu’ont certains médecins de jouer au Dieu… Jusqu’à ce qu’eux-mêmes se retrouvent patients. Oui, le médecin a des responsabilités plus grandes que bien d’autres groupes de la population; il le sait bien avant de terminer ses études. Qu’il ne s’étonne pas, ensuite, d’être jugé plus sévèrement. Les médecins « réparent » des êtres humains, non des automobiles, et ce fait se devrait d’être toujours au cœur de leurs préoccupations.

  • 17 sept. 2011
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    Participation de MARIE-CLAUDE BLOUIN

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    Par MARIE-CLAUDE BLOUIN
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    Ça m'étonne de lire un tel article dans les pages de Protégez-vous. J'ai hâte de voir la réplique de ceux et celles qui pratiquent la médecine... s'ils ont le temps de le faire, avec les heures qu'ils et elles font...

  • 17 sept. 2011
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    Participation de Josiane Gagnon

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    Par Josiane Gagnon
    (Participant occasionnel)

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    C'est quoi cet article, ça manque totalement de sérieux et n'a aucune rigueur. Aucune source n'est cité. Ça ressemble simplement à du salissage. Protégez-vous viens de baisser dans mon estime du fait de publier un tel article.

  • 17 sept. 2011
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    Participation de DIANE GINGRAS

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    Par DIANE GINGRAS
    (Participant occasionnel)

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    Beaucoup de médecins sont peut-être blasés de leur métier ou simplement très fatigués.Le patient en subit les conséquences.
    Celui qui est malade n'a pas le choix de consulter le médecin qui lui est désigné.L'air offençant de certains spécialistes donne le goût parfois de tout abandonner les examens et les démarches conduisants vers la guérison.

  • 17 sept. 2011
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    Participation de YV BONNIER VIGER

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    Par YV BONNIER VIGER
    (Participant occasionnel)

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    Bonjour Marc,
    Je suis étonné de l'affirmation « il n’existe pas, à ce jour, dans les facultés de médecine, de réflexion généralisée sur les gestes de maltraitance perpétrés par les professionnels, sur la manière de dépister les comportements ou les personnalités à risque chez les étudiants, sur la prévention de ces mauvais traitements ».
    D'une part, le processus de sélection des personnes qui veulent étudier en médecine comporte une étape d'évaluation qui vise à dépister celles qui présentent des problèmes d'empathie ou qui se fondent sur un système de valeurs qui ne respecte pas le patien comme personne.
    Par ailleurs, plusieurs cours, au pré-clinique, à l'externat et à la résidence, insistent sur la réflexion éthique, déontologique et relationnelle dans la relation thérapeutique.
    Enfin, plusieurs activités de développement professionnel continu insistent aussi sur ces dimensions.
    Bien sûr, cela ne suffit pas à enrayer complètement le problème et il nous faut aussi nous pencher sur les environnements de pratique (y compris les modes de rémunération)pour adresser le problème de la maltraitance médicale.
    Il me semble cependant erroné de laisser croire qu'il ne se fait rien encore pour corriger le problème.
    Yv Bonnier Viger (yv@sympatico.ca)
    Directeur du département de médecine sociale et préventive de l'Université Laval.

    • 19 sept. 2011
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      Participation de JULIE GOBEIL

      Commentaires publiés : 21

      Discussions publiées : 1

      Par JULIE GOBEIL
      (Protégez-Vous)

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      Voici la réponse de notre chroniqueur, Marc Zaffran:

      Toutes mes excuses à vous et à l'Université Laval et aux autres départements qui, au Québec et au Canada, travaillent sur ce problème. J'aurais dû écrire : «Il n'existe pas, à l'heure actuelle, et à ma connaissance, dans toutes les facultés de médecine des pays développés, de réflexion généralisée sur les gestes de maltraitance...»
      Je pensais que le mot «généralisée» suffisait à sous-entendre que cette réflexion existe dans certaines facultés, mais il était manifestement insuffisant et mal placé. Je regrette que mon propos vous ait paru aussi expéditif. Je donne depuis 10 ans les avancées du Québec en matière d'éthique biomédicale en exemple aux Français et c'est précisément parce que je respecte ces avancées que je suis venu vivre et travailler ici. C'est aussi parce que le Québec est en avance que je peux exprimer des opinions parfois critiques à ce sujet. En France, ça ne m'était plus permis.

      Par ailleurs, mon billet porte sur les médecins en général, et non sur les médecins québecois ou canadiens en particulier. Ce qui est vrai dans un lieu n'est pas vrai dans d'autres, et le fait que le problème soit abordé dans certains lieux ne suffit pas à donner à la population le sentiment qu'il fait l'objet d'une réflexion parmi TOUS les médecins. C'est malheureux, mais on est obligé de le constater. Et, à cet égard, je me place du point de vue des usagers et non du point de vue, plus informé des avancées en ce domaine, des enseignants de médecine. Pour le moment, je ne suis qu'un chercheur indépendant, et je ne peux connaître les expériences existantes que si quelqu'un ou un article me les signale. Pour autant, les limites de ce que je connais ne rendent pas mon propos inexact. Et pour en revenir au billet, le fait est que, lorsque je publie un article sur la maltraitance médicale sur mon propre site Internet, il fait écho aux propos des usagers comme étant un phénomène qu'ils ressentent souvent vivement sans pouvoir en parler, tant ils se sentent mal à l'aise (pour des raisons diverses) de faire des reproches à leur médecin.

      Merci d'avoir réagi à ce billet. Je serais très heureux de venir assister aux cours et conférences qui sont données sur le sujet à l'Université Laval en tant qu'auditeur libre, si cela est possible, afin justement de rendre compte de ce qu'il est possible de faire.

  • 17 sept. 2011
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    Participation de Ira Red

    Commentaires publiés : 16

    Discussions publiées : Non disponible

    Par Ira Red
    (Participant actif)

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    Et les solutions concrètes? Comment faire une plainte, etc.

  • 16 sept. 2011
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    Participation de Pascal Saumure

    Commentaires publiés : 6

    Discussions publiées : Non disponible

    Par Pascal Saumure
    (Participant occasionnel)

    Commentaire pertinent Je trouve ce commentaire pertinent 9 )

    Quel article!?! l’autre côté de la médaille s.v.p.?

    Un médecin travaille sûrement plus qu’un 40h semaine, est souvent sur une pagette et doit essayer d’aider beaucoup de patients qui ne s’aident pas. Il y a un manque généraliser de médecins, ils ont beaucoup trop de patients. Il y a beaucoup de médecins passé 65 ans qui ne peuvent pas, question morale, prendre leurs retraites et abandonner leurs patients à un système qui ne peu plus en prendre. Ce qui en résulte que beaucoup subissent de l’abus verbal de patients exaspérer des délais du système de santé. Ils doivent composer avec une bureaucratie interminable et surtout ils n’ont aucunement droit à l’erreur. Si certains médecins sont en préburnout, surmené, à bout, et à veille de perdre les pédales, ça expliquerait peut-être, sans approuvé, leurs comportements moins qu’exemplaires. Il faudrait peut-être regarder le problème dans son ensemble au lieu de cibler un groupe de travailleurs en particulier. Travailler dans la santé, c’est vraiment une vocation accompagnée de sacrifices que beaucoup qui critiquent n’accepteraient jamais…

    Note : L’auteur est a lui-même été médecin. Il n’a cependant pratiqué que 10 ans dans les années 80, en région, pour ensuite se tourner vers l’écriture. C’est quand même moins stressant…

    • 19 sept. 2011
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      Participation de JULIE GOBEIL

      Commentaires publiés : 21

      Discussions publiées : 1

      Par JULIE GOBEIL
      (Protégez-Vous)

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      Voici la réponse de Marc Zaffran, auteur de la chronique:

      Tout d'abord, je regrette que vous pensiez que je n'ai exercé «que dix ans». J'ai exercé 25 ans, de 1983 à 1993 en cabinet de médecine de famille, puis de 1993 à 2008 en consultation de médecine de la femme à l'hôpital du Mans, en France. Je suis passé d'une pratique à l'autre bien avant qu'un de mes livres ait du succès, en 1998. L'écriture, je m'y "consacre" depuis l'âge de 12 ans, elle ne m'a jamais empêchée de pratiquer ; pas plus que la médecine ne m'a empêché d'écrire : mon premier roman date de 1989, au beau milieu de mes dix années de médecine de famille, époque pendant laquelle j'étais en outre rédacteur en chef adjoint d'une revue médicale indépendante, La revue Prescrire. C'est sur la base de ces deux longues pratiques que je me suis «permis», et ce depuis le début de mes études de médecine pendant les années 70, d'écrire une dizaine de romans et d'essais et des centaines d'articles (y compris celui-ci) consacrés à l'exercice médical et aux relations soignants/patients, et non sur de lointains souvenirs.

      Par ailleurs, je suis parfaitement conscient des problèmes de burn-out et de surcharge de travail et de difficultés d'accès au soin au Québec (il y en a aussi en France, pour d'autres raisons); je les aborde en premier dans la suite d'articles publiés sur mon site (www.martinwinckler.com) sous le titre "Les médecins maltraitants". Tout ce que vous dites est vrai. Je ne le nie pas. Je dis simplement que la posture et le statut de médecin donne à certains professionnels le sentiment qu'ils peuvent tout se permettre, ou que tout ce qu'ils font (de bonne foi) est justifié par les résultats recherchés. Nous savons qu'il n'en est rien. Et c'est à la relation souvent inconsciente entre posture (supposée bienveillante) et comportement (humain, tout simplement) de certains praticiens (souvent très influents et ayant une position de "modèle de rôle" pour les autres médecins) que j'invite chacun à réfléchir.

      Enfin, le fait d'être en «burn-out» et d'exercer dans de mauvaises conditions ne justifie aucunement les manquements de comportement des médecins. J'en sais quelque chose : j'ai été un médecin maltraitant, et c'est grâce aux patients et à la pratique de Groupes Balint que j'ai pu cesser de l'être et réfléchir non seulement aux circonstances mais aussi aux solutions possibles (toutes choses que je n'avais pas la place d'aborder dans le billet). Quand j'ai commencé à me dire que les difficultés matérielles de mon exercice et les attentes des patients n'étaient pas les seules responsables de mon attitude négative, et lorsque j'ai entrepris de réviser mes attitudes, les choses ont beaucoup changé. Lorsque les médecins postulent qu'ils sont les alliés des patients et qu'ensemble ils peuvent faire face non seulement à la maladie mais aussi aux conditions difficiles d'accès au soin, ils trouvent ensemble des solutions. Encore faut-il que les médecins acceptent de voir que leur attitude (consciente ou non, apprise ou liée à leur personnalité) peut être, en elle-même, source de frustration et d'agressivité....
      Merci d'avoir réagi à cet article et de m'avoir permis de préciser tous ces points.

    • 19 sept. 2011
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      Participation de Pascal Saumure

      Commentaires publiés : 6

      Discussions publiées : Non disponible

      Par Pascal Saumure
      (Participant occasionnel)

      Commentaire pertinent Je trouve ce commentaire pertinent 3 )
      Voici la réponse de Marc Zaffran, auteur de la chronique: Tout d'abord, je regrette que vous pensiez que je n'ai exercé «que dix ans». J'ai exercé 25 ans, de 1983 à 1993 en cabinet de médecine de famille, puis de 1993 à 2008 en consultation de médecine de la femme à l'hôpital du Mans, en France. Je [...]
      Écrit par JULIE GOBEIL

      Merci pour vos précisions, c'est ce qui manquait à l'article...

      Pour votre bio, je l'ai pris sur Wikipedia : En 1993, il quitte son exercice de médecin de campagne, devient traducteur et écrivain à temps plein tout en continuant à exercer la médecine à temps partiel à l'hôpital du Mans.

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