Dynamiques et créatives, les microbrasseries québécoises séduisent de plus en plus les consommateurs. Et ce n’est qu’un début. Tournée au 17e Mondial de la bière, qui se tient à Montréal jusqu’au 6 juin.
Photo: CNW / Mondial de la bière
Avec pas moins de 232 bières locales proposées et autant de flacons en provenance du monde entier, le festival a de quoi satisfaire les papilles les plus averties.
Inexistantes au début des années 1980, les microbrasseries sont désormais implantées dans la majorité des régions du Québec.
En 2010, on en dénombre environ 45 auxquelles s’ajoutent 28 broue-pubs, selon l’Association des microbrasseries du Québec (AMBQ). Ce regroupement de trente membres est responsable de plus de 90 % de la production des microbrasseries.
« Même si le marché global de la bière reste stable, le marché pour les produits de spécialité est en hausse. Les microbrasseries détiennent maintenant 6,7 % du marché de la bière au Québec. Les bières importées les devancent à 16,4 % », dit Laura Urtnowski, présidente de l’AMBQ et de l’entreprise Les Brasseurs du Nord.
Un succès que l’on doit non seulement à la créativité des brasseurs, mais aussi aux consommateurs qui recherchent une expérience gustative proche de celle du vin, ajoute-t-elle.
Mais l’AMBQ ne veut pas s’arrêter en si bon chemin. D’ici 2017, elle vise les 12 % de parts de marché et souhaite maximiser le contenu des bières en ingrédients locaux (houblon et céréales québécois). Une façon de se distinguer de la concurrence et d’être indépendant des marchés internationaux, mais un défi de taille pour qui souhaite s’approvisionner localement en houblon.
Jean-Pierre Tremblay, directeur général de l’AMBQ, confie que son association travaille avec le Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec afin de développer la culture du houblon et de l’orge brassicole au Québec.
« Après 20 ans de développement, le style, l’originalité et l’identité des bières de spécialité québécoises sont reconnus mondialement. Elles n’ont plus rien à envier à leurs cousines européennes », affirme Daniel Bilodeau, connaisseur réputé et conseiller agréé en bières, vins et spiritueux à la succursale de la SAQ de Baie-Saint-Paul
Cette année, la brasserie montréalaise Dieu du Ciel! vient d’être désignée meilleur broue-pub au monde par le palmarès du site Web RateBeer.com.
M. Bilodeau croit que le travail d’éducation du goût initié par les microbrasseries va progressivement changer le comportement d’achat des consommateurs de bière : la qualité gustative l’emportera sur la quantité consommée.
Une évolution qu’il rapproche volontiers à l’industrie fromagère québécoise. « Les bières offrent d’ailleurs d’énormes possibilités d’accords avec les mets, et notamment avec les fromages », remarque M. Bilodeau.
Tout comme le vin, il espère que le consommateur québécois demandera plus souvent conseil pour harmoniser bière et mets. Pas évident quand on sait que la distribution des bières de spécialité se fait principalement par le réseau des dépanneurs et des épiceries.
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