Le BPA a défrayé la chronique en 2008 lorsque Santé Canada a banni son utilisation dans la fabrication des biberons. D’autres produits contiennent pourtant cette substance chimique.
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Dans la littérature scientifique, le BPA, acronyme du bisphénol A, est reconnu comme un perturbateur endocrinien. Chez la femme, il imite l’action de l’œstrogène. Chez l’homme, ce produit chimique pourrait conduire à des cancers, du diabète ou à l’obésité. Les recherches actuelles ne sont pas encore parvenues à établir de manière définitive les dangers allégués.
Une étude américaine, démontre que plus de 90 % des femmes enceintes présentent des taux de BPA détectables dans leur urine. Menée par des scientifiques de sept instituts de recherche renommés, cette étude a porté sur 386 femmes enceintes de la région de Cincinnati ayant donné naissance à un enfant entre 2003 et 2006.
Les chercheurs sont parvenus à identifier les sources de provenance du produit chimique avec lesquelles les mères sont en contact. Un pas en avant, car les femmes enceintes continuent inconsciemment d’exposer leur enfant lors du développement fœtal, une étape où il est particulièrement vulnérable.
Parmi les sources principales, on note les légumes en conserve. Les femmes enceintes qui en mangent au moins une fois par jour ont les taux de BPA les plus élevés. On en retrouve 44 % de plus dans leur urine que dans celle des femmes qui n’en consomment pas.
Des sources de BPA inusitées
Les experts ne sont pas étonnés par ces résultats. Depuis longtemps, ils suspectent les aliments contaminés par le BPA, qu’ils proviennent de conserves ou de bouteilles en plastique. L’étude donne un aperçu d’autres sources à ne pas négliger : le tabac et l’occupation professionnelle.
En effet, les fumeuses ou les femmes exposées à la fumée du tabac présentent des concentrations plus élevées que la moyenne, le BPA étant utilisé dans certains filtres de cigarette.
Cette constatation vaut aussi pour les femmes qui occupent un emploi de caissière. En moyenne, elles affichent un taux de BPA de 55 % plus élevé que les enseignantes (l’un des taux les plus bas). Dans les faits, le BPA se retrouve parfois dans le papier thermique utilisé pour les reçus de caisse. Il peut alors être absorbé par la peau.
Joe Braun, l’auteur principal de l’étude et chercheur à la Harvard School of Public Health, précise que « le fait d’avoir identifié les sources du BPA permet aux femmes de réduire l’exposition des fœtus en modifiant leurs comportements ». Néanmoins, dans notre société, on ne peut complètement l’éviter, à moins de l’éliminer.
Ici et ailleurs
Le bisphénol A est déjà interdit en Australie et dans plusieurs États américains, dont la Californie. Le Canada est devenu hier le premier pays à inclure le BPA dans sa liste des substances toxiques. Du côté européen, la France et le Danemark ont décidé, en 2010, d'interdire la fabrication et la commercialisation de biberons contenant du bisphénol A malgré l’avis contraire de l’Autorité européenne de sécurité des aliments. À ce jour, la Commission européenne songe à restreindre l’usage du BPA dans la fabrication des plastiques alimentaires.
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