Par Lise Bergeron, avec la collaboration de Rémi Maillard et d’Erwan Le Fur (France)
Paru en février 2010
Beaucoup sont restés sceptiques devant l’alarmisme des autorités sanitaires.
Même la directrice générale de l’OMS, la Dre Margaret Chan, reconnaît que le monde a perdu confiance en son organisation. « En grande partie à cause des moyens de communication modernes, Internet en tête », dit-elle. Il faut dire que les points de vue, la lecture des données et l’interprétation des événements sont extrêmement polarisés sur le Net. Pour le profane, difficile de savoir qui dit vrai.
Maintenant que le doute est semé, comment la population réagira-t-elle la prochaine fois ? « Le grand danger, c’est que l’échec rejaillisse sur les gens qui ne sont pas responsables du désastre: 99,9 % des acteurs de la scène nationale ont été de bonne foi dans cette histoire. Il a peut-être suffi d’une demi-douzaine de scientifiques véreux pour créer pareille dérive au niveau mondial », observe le professeur Turcotte.
« Je ne crois pas que les citoyens perdront confiance », dit le Dr Alain Poirier. « Nous avons ajusté toutes nos interventions en fonction de la gravité de la situation, et nous avons agi avec modération. »
Dans un contexte pandémique, « on vous blâme autant si vous agissez que si vous ne faites rien », observe le Dr Karl Weiss. Il est vrai, admet-il, que le risque de voir des gens sous-estimer l’alerte la prochaine fois est bien réel.
Un grand défi attend les autorités sanitaires si les accusations de conflits d’intérêts se confirment : « Il faudra alors expliquer à la population que nous avons été collectivement victimes d’un organisme qui était investi de la mission de nous protéger et qui ne l’a pas fait pour des motifs bassement commerciaux », conclut Fernand Turcotte.