Par Lise Bergeron, avec la collaboration de Rémi Maillard et d’Erwan Le Fur (France)
Paru en février 2010
Introduction
Les Drs David Butler-Jones et Alain Poirier, respectivement directeur de la santé publique du Canada et du Québec, étaient à la tête des opérations au pays : « Une fois que l’état-major, c’est-à-dire l’OMS, a passé la commande, les Drs Butler-Jones et Poirier n’avaient pas d’autre choix que de passer à l’action. Dans ce contexte, la crise au Québec a été bien menée : on a prouvé qu’on avait un système de santé capable de faire le travail. Le scénario proposé aux instances internationales a bien fonctionné. Ce qui est potentiellement problématique, c’est ce qui s’est passé au niveau de l’état-major », observe M. Turcotte.
Plusieurs observateurs critiquent cette « militarisation de la santé ». « Les objectifs de santé publique ont été mis de côté par une gestion quasi militaire, totalement inadaptée au problème posé : fin juin, les informations sanitaires permettaient d’envisager une grippe très contagieuse, mais sans gravité particulière », dénonçait le Syndicat des médecins généralistes français dans un éditorial daté du 5 janvier.
« La population s’attendait à voir des gens mourir dans la rue. Or, une pandémie de niveau 6 veut simplement dire que le virus est très contagieux et qu’il se répand partout dans le monde », rappelle le Dr Karl Weiss, épidémiologiste et professeur de médecine à l’Université de Montréal.

« La population s’attendait à voir des gens mourir dans la rue. Or, une pandémie de niveau 6 veut simplement dire que le virus est très contagieux et qu’il se répand partout dans le monde ».
Dr Karl Weiss,
Microbiologiste-infectiologue à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont et professeur titulaire de clinique à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal