Introduction
Photo : Réjean Poudrette
« Dois-je faire vacciner
ma fille ? »
Cette question préoccupe
des milliers
de mères « d’un
océan à l’autre ». Le gouvernement fédéral,
la quasi-totalité du corps médical
et, bien sûr, l’industrie pharmaceutique
y sont favorables.
Au point qu’ils ont
tout mis en œuvre pour assurer la promotion
du Gardasil, un vaccin contre
les deux principaux virus du papillome
humain (VPH) responsables du cancer
du col utérin. Huit mois seulement après
son homologation par Santé Canada
en juillet 2006 – un record –, le Comité
consultatif national de l’immunisation
a recommandé que les cinq millions de
Canadiennes de neuf à 26 ans soient vaccinées.
Puis, quelques semaines ont suffi
pour qu’Ottawa annonce la création d’un
fonds de 300 millions de dollars destiné
à inciter les provinces à lancer des campagnes
de vaccination en milieu scolaire.
Du jamais vu depuis l’instauration du
programme de lutte contre la poliomyélite
au milieu des années 1950.
« À cause des campagnes de publicité alarmistes
financées par l’industrie, certaines femmes ont fini
par penser qu’elles étaient de mauvaises mères
si elles ne faisaient pas vacciner leurs filles. »
Abby Lippman, Université McGill, Montréal
Leurs arguments ?
Contrairement à ce qui s’était passé avec
la polio, il n’y a pas d’épidémie de cancer
du col de l’utérus au Canada. En outre,
l’incidence et les taux de mortalité de la
maladie diminuent depuis un demi-siècle
dans tous les pays industrialisés. « Les
campagnes de vaccination anti-VPH
sont donc inutiles, voire néfastes dans le
contexte actuel de pénurie de médecins
et d’infirmières, car elles mobilisent des
ressources professionnelles et financières
très importantes. »
Circonstance aggravante,
dénoncent-ils, le Gardasil est le
vaccin le plus coûteux de l’histoire et sa
capacité à réduire la fréquence du cancer
et la mortalité qui y est associée n’a pas
été démontrée.
Excès de prudence des pouvoirs
publics ou triomphe du marketing pharmaceutique ? Le point en 10 questions.