Par Rémi Maillard
Paru en mars 2009
Introduction
Photo: iStockphoto
Principaux accusés: les sels d’aluminium. Ajoutés dans les antisudorifiques pour bloquer le processus de transpiration, ils resserrent les pores de la peau et agissent comme une sorte de bouchon en obstruant les glandes sudoripares.
D’où la rumeur tenace qu’ils empêcheraient l’organisme d’éliminer des toxines au niveau des aisselles, provoquant ainsi leur accumulation dans les ganglions lymphatiques situés dans cette région, ce qui accroîtrait les risques de cancer.
Une explication qui pourrait sembler logique quand on sait que 50 % des cancers du sein sont localisés dans son quadrant supérieur externe, donc tout proche de la zone d’application du produit.
Faux, rétorque cependant la Société canadienne du cancer (SCC): «De nombreuses études épidémiologiques [...] ont été faites sur les risques rattachés au cancer du sein et aucune n’a démontré que l’usage des antisudorifiques était un facteur de risque pour le cancer du sein.»
De son côté, Santé Canada précise que «l’aluminium contenu dans les antisudorifiques ne présente pas un risque important pour la santé, puisqu’il ne pénètre que très peu la peau».
Même s’il est vrai que le nombre de cancers du sein au Canada – 22 400 cas en 2008, dont 5900 au Québec – augmente régulièrement d’année en année, André Beaulieu, porte-parole de la SCC, avance que «c’est d’abord parce que l’âge moyen de la population est plus élevé et le dépistage plus efficace».
Médicament, produit de santé ou cosmétique?
Depuis le 1er janvier 2004, les antisudorifiques doivent obtenir un numéro de produit naturel (NPN) pour pouvoir être vendus au pays, puisqu’ils sont soumis à la réglementation sur les produits de santé naturels.
Auparavant, ils étaient considérés comme des médicaments et devaient donc afficher un numéro d’identification du médicament (DIN) sur leur étiquette. Mais comme les fabricants ont jusqu’à la fin de cette année pour se conformer à la loi, beaucoup portent encore un DIN.
Cela dit, Santé Canada prévoit les considérer dorénavant comme de simples cosmétiques, au même titre que les déodorants, sauf s’ils «laissent entendre qu’ils ont une durée d’action de plus de 24 heures» ou s’ils visent à combattre l’hyperhidrose (transpiration excessive), auquel cas ils resteront des médicaments.