Par Danny Raymond
Paru en août 2007
Introduction
Photo: Getty Images/Photodisc
Aujourd’hui, éviter le contact avec les produits chimiques relève de l’exploit, car ils sont omniprésents dans notre environnement.
On n’a qu’à penser aux pesticides dans l’alimentation, aux phtalates dans les parfums, aux dioxines dans le PVC, au mercure dans l’eau et au formaldéhyde dans les meubles.
À lui seul, le tapis renfermerait plus de 120 produits chimiques, dont certains, comme les composés organiques volatils (formaldéhyde, benzène, toluène, etc.), sont parmi les plus cancérigènes.
Exposées quotidiennement à ces produits, certaines personnes développent des problèmes cutanés, respiratoires, articulaires ou neurologiques importants. La fibromyalgie et le syndrome de fatigue chronique y seraient également liés.
Selon Statistique Canada, 5 % de la population canadienne souffrirait de l’une ou l’autre de ces affections, ce qui entraînerait des pertes de productivité de 10 milliards de dollars par année. En novembre dernier, une pétition de 4000 signatures était déposée à l’Assemblée nationale dans le but de faire reconnaître le syndrome d’hypersensibilité environnementale. Et six mois plus tard, la Commission canadienne des droits de la personne publiait un rapport exhaustif sur le phénomène.
Contrairement au Québec, le Manitoba, l’Ontario et la Nouvelle-Écosse traitent cette affection au même titre que les maladies reconnues. Ces provinces ont développé des méthodes de diagnostic sûres et disposent de centres de traitement pour les personnes touchées. En Europe, l’Allemagne, la Suède, le Danemark et la Norvège font figure de pionniers dans la recherche sur l’hypersensibilité environnementale.
Au Québec, l’Institut national de santé publique reconnaît la maladie, mais les traitements sont toujours inexistants, affirme Michel Gaudet, vice-président de l’Association pour la santé environnementale, les hypersensibilités et les allergies du Québec. Pour leur part, les autorités sanitaires, notamment l’Association médicale américaine, soulignent l’absence de preuves scientifiques pour confirmer la maladie, indique Ariel Fenster, professeur de chimie à l’Université McGill et cofondateur de l’Organisation pour la science et la société. Débat.