Par Stéphanie Côté, Dt.P., M.Sc., nutritionniste
Paru en mai 2008
Un lien avec l'alimentation?
Le Dr Proulx insiste: «Le traitement du TDAH est loin d’être juste une affaire de pilules. C’est avant tout une prise en charge de groupe: psychoéducation des parents pour leur donner des outils, encadrement des enfants et soutien, car ils vivent beaucoup de découragement, implication des enseignants, et plus encore.»
Même si l’alimentation n’est pas la principale responsable du TDAH, elle demeure un aspect dont les médecins traitants tiennent compte lors de l’évaluation.
Selon la Dre Stacey Bélanger, pédiatre et directrice de la clinique des troubles du déficit de l’attention à l’hôpital Sainte-Justine, «traiter le TDAH implique une prise en charge personnalisée, y compris concernant le lien possible avec la nourriture. Certains enfants peuvent avoir des symptômes d’allergies ou des migraines par exemple, qui sont améliorés par l’exclusion d’aliments ou additifs particuliers. Il est cependant trop tôt pour prescrire des diètes restrictives de manière généralisée, car les études ne sont pas concluantes. On fonctionne au cas par cas», explique-t-elle.
L’article dans The Lancet, notamment, montrait en effet des différences interindividuelles importantes. Pour raffiner le traitement, il faudrait réussir à identifier quels enfants sont sensibles, quels additifs ou aliments sont en cause et dans quels cas ils le sont. Ça vaut la peine d’explorer la question, et pour cela, la collaboration des parents est essentielle, car ce sont eux qui observent et parviennent le mieux à identifier les aliments problématiques, s’il y a lieu.
L’autre piste intéressante est celle des acides gras essentiels, et plus précisément des oméga-3. Mais encore une fois, il est difficile de savoir qui en bénéficie, puisqu’une minorité des enfants atteints du TDAH montrent une amélioration clinique de leurs symptômes grâce aux oméga-3: 20 %, selon une étude pilote dirigée par la Dre Bélanger.
Cela dit, comme les parents montrent beaucoup de réticences face à la prescription de médicaments, la supplémentation en oméga-3 leur sourit davantage, d’autant plus qu’elle risque peu d’être dommageable.
Elle n’exclut généralement pas la médication – dont le fameux ritalin –, mais peut s’effectuer en combinaison. Une dose d’environ 500 mg de l’oméga-3 acide œcosapentanoïque (EPA) par jour est celle que l’équipe de la Dre Bélanger a étudiée. Certains suppléments sur le marché permettent d’atteindre cette concentration.
Et le sucre?
Selon plusieurs études scientifiques, et contrairement à la croyance populaire, le sucre ne rend pas les enfants hyperactifs et ne cause pas le TDAH. Il donne peut-être un regain d’énergie momentané, mais il aurait également la propriété de relaxer, voire d’endormir en augmentant la production de sérotonine dans le cerveau.
Semble-t-il qu’il faudrait davantage blâmer la situation empreinte d’excitation au cours de laquelle les sucreries sont offertes aux enfants: un anniversaire, une fête, de la visite rare, etc.