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Colorants: un risque pour nos enfants?

Par Stéphanie Côté, Dt.P., M.Sc., nutritionniste

Mise en ligne : mai 2008


Déficit de l'attention et hyperactivité

Entre 4 et 8 % des enfants d’âge scolaire sont atteints du TDAH. Bien qu’il soit très répandu, son origine et ses causes sont encore peu connues.

Le Dr Jean-François Chicoine, pédiatre à l’hôpital Sainte-Justine à Montréal, parle de facteurs qui favorisent l’éclosion du TDAH plutôt que de causes précises. «La principale composante est sans aucun doute l’hérédité, qui contribuerait jusqu’à 80 % des cas, selon certaines études», dit-il.

Cela dit, bien qu’il semble être une histoire de famille, le TDAH ne touche pas nécessairement toute la fratrie. Un fonctionnement anormal des neurotransmetteurs – substances qui aident à transmettre les messages dans le cerveau – expliquerait plusieurs des signes et symptômes du TDAH.

Un traumatisme crânien sévère, un manque d’oxygène à la naissance de même que des facteurs externes ou environnementaux qui affectent le développement du cerveau durant la vie fœtale ou la jeune enfance pourraient aussi avoir une part de responsabilité. Les drogues, l’alcool, la cigarette, les toxines environnementales, comme le plomb, les BPC, les pesticides et les herbicides, sont du nombre.

Dans sa pratique, le Dr Chicoine remarque que la vie de plusieurs enfants atteints du TDAH est désorganisée et peu prévisible, et que la séparation, le chaos, l’indiscipline et le manque de stimulation sont autant de facteurs pouvant contribuer au trouble.

Par ailleurs, d’autres situations ou problèmes de santé peuvent occasionner ou aggraver des troubles de comportement et des symptômes semblables à ceux du TDAH: naissance prématurée, conflit familial ou amical, hypoglycémie, allergies, problèmes d’apprentissage, hyper ou hypothyroïdie, troubles de l’audition ou de la vision, etc.


Et les aliments?

Finalement, il reste très peu de place pour l’alimentation comme explication, juge le Dr Chicoine. «Peut-être que les enfants atteints du TDAH, dont plusieurs proviennent de milieux défavorisés, mangent beaucoup d’aliments transformés rouges-bleus-jaunes, mais cela ne suffit pas à établir un lien de cause à effet, explique-t-il. D’autres aspects de leur vie sont pointés du doigt bien avant.»

Le Dr Simon-Pierre Proulx, qui s’intéresse au sujet depuis une quinzaine d’années, n’accuse pas les additifs lui non plus. Tant en ce qui concerne l’alimentation que la majorité des facteurs énoncés, il pose la question suivante: «Causent-ils la modification observée dans la structure du cerveau des gens atteints du TDAH ou facilitent-ils plutôt l’expression du trouble chez les personnes prédisposées?»

Personne, à l’heure actuelle, ne connaît la réponse.