« La décision de traiter ou de ne pas traiter un patient en prévention primaire est très complexe, explique le Dr André Carpentier, endocrinologue au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke et porte-parole de la Fondation des maladies du cœur du Québec. Pour nous aider, nous disposons de modèles qui permettent de prédire un risque d’accident cardiovasculaire sur 10 ans, par exemple. On considère que lorsqu’une personne a 20 % et plus de risque global sur cette période, elle est à haut risque, et si son taux de cholestérol LDL est supérieur à 2 millimoles par litre de sang (mmol/L), nous la traitons. Dans le cas des personnes à bas risque [en dessous de 10 % sur 10 ans], nous préconisons un traitement à partir de 5 mmol/L. Pour les personnes à risque modéré [entre 10 et 19 % sur 10 ans], nous recommandons un traitement dès 3,5 mmol/L. »
D’après les nouvelles lignes directrices de la Société canadienne de cardiologie (SCC) adoptées en 2009, tout patient affichant des signes d’athérosclérose – l’épaississement de la paroi des artères –, quel que soit son âge, de même que la plupart des adultes diabétiques d’âge moyen doivent être considérés comme ayant un risque élevé.
Les personnes qui souffrent d’obésité abdominale, d’affection inflammatoire auto-immune chronique, de néphropathie chronique ou qui ont des antécédents familiaux de maladie cardiovasculaire précoce sont également plus à risque que la population générale.
Par ailleurs, la SCC recommande « chez les patients à risque élevé, et maintenant chez les patients à risque modéré » nécessitant un traitement, un taux de cholestérol LDL inférieur à 2 mmol/L ou une réduction de plus de 50 % de leur taux initial de LDL.
Selon l’Agence de la santé publique du Canada, 90 % des adultes présentent au moins un facteur de risque de maladie cardiaque et 40 % en présentent trois ou plus.