Photo: Réjean Poudrette
«Votre mauvais cholestérol est trop élevé »… Cette petite phrase que les médecins prononcent de plus en plus souvent a de quoi inquiéter.
Normal, puisque depuis des décennies on nous répète que l’excès de cholestérol est associé à un risque accru de maladies cardiovasculaires, la principale cause de mortalité au pays.
Résultat : trois millions de Canadiens suivent un traitement pour réduire leur hypercholestérolémie, une affection qui toucherait un tiers de la population, selon la Fondation des maladies du cœur du Canada.
Mais aujourd’hui, un nombre croissant de spécialistes et de chercheurs, notamment aux États-Unis et en France, remettent en cause l’idée que le simple fait d’abaisser le « mauvais » ou d’augmenter le « bon » cholestérol améliore la santé.
Par ailleurs, les résultats négatifs ou controversés de récentes études cliniques ont jeté un doute sur l’utilité des statines, les principaux médicaments anticholestérol. Du moins lorsqu’elles sont données en « prévention primaire », c’est-à-dire avant l’apparition d’éventuels troubles cardiaques.
Or, c’est le cas de l’écrasante majorité des dizaines de millions de personnes qui en prennent chaque jour dans le monde.
L’enjeu est donc de taille pour les patients et les compagnies pharmaceutiques. À commencer par le géant Pfizer qui fabrique le Lipitor, le médicament le plus vendu sur la planète.
Pour tenter d'y voir plus clair, nous avons interrogé quelques spécialistes.