Introduction
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Denise R. se décrit comme une personne «plutôt calme et patiente». «Je ne me chicane pas pour un oui ou pour un non», jure cette enseignante retraitée. Pourtant, un beau jour de l’été 2008, après «quatre années de calvaire », elle a craqué et décidé de vendre la maison familiale de Pointe-Calumet (Basses-Laurentides) où elle habitait depuis plus d’un demi-siècle. Tout cela à cause des silencieux modifiés des voitures du coin, qui lui rendaient la vie impossible.
«Même si je restais à 30 ou 40 mètres de la route, les pétarades de moteurs me réveillaient très souvent en sursaut pendant la nuit. Au bout de quelques mois, j’ai commencé à souffrir d’insomnie, j’étais épuisée, irritable et je faisais de l’hypertension. Quand je n’en pouvais plus, je dormais à l’arrière ou je prenais des somnifères. Finalement, j’ai préféré partir avant de tomber malade.»
Le cas de Denise R. est loin d’être isolé. En 2001, le dernier sondage réalisé sur la question du bruit à l’échelle provinciale a révélé que 20 % des Québécois se disaient régulièrement dérangés par des nuisances sonores à domicile et au travail. Plus récemment, une enquête de la Direction de santé publique de la Montérégie indique que huit adultes sur 10 déclarent être exposés «à au moins une source de bruit» environnemental. Et qu’un tiers en sont incommodés dans leur sommeil ou leurs activités, que ce soit en milieu rural ou urbain.
L'auto au banc des accusés
Au palmarès des agressions sonores, le trafic routier arrive largement en tête, suivi des activités aériennes et ferroviaires. Viennent ensuite les véhicules récréatifs (quads, hors-bord, motoneiges), dont les vrombissements cassent les oreilles à environ 6 % des Montérégiens. À Montréal, la situation n’est guère plus reluisante : en 2010, durant les cinq mois de la période estivale, le seul poste de quartier 38 de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal – 103 000 habitants, avec de nombreux bars et restaurants – a enregistré 3 000 appels pour des « bruits excessifs ». « Un chiffre énorme », reconnaît son chef, le commandant Stéphane Bélanger.