Les Québécois s’organisent
Aéroport de Saint-Hubert: des citoyens contre les avions
Beaucoup de résidants de la Rive-Sud sont excédés par le bruit des avions de l’aéroport de Saint-Hubert et ils le font savoir. Regroupés sous la bannière du Comité antipollution des avions de Longueuil (CAPA-L), ils soutiennent que le trafic aérien engendré par les écoles de pilotage qui y sont installées leur «rend la vie impossible».
Citant une étude réalisée pour la Ville de Longueuil, ils affirment qu’il y a en moyenne «entre 800 et 900 mouvements d’avions par jour»; à plusieurs reprises, ce nombre aurait même dépassé les 1 000 mouvements quotidiens. «Cela représente un avion toutes les trois minutes entre 7 h et 23 h la semaine, et entre 7 h et 18 h les fins de semaine», ont-ils calculé. Et de ce nombre, «il y a entre 208 et 343 décollages qui dépassent chaque jour les 70 décibels».
«De tels niveaux ne permettent pas de profiter pleinement et paisiblement d’activités telles qu’écouter la radio, la télévision ou converser normalement à l’intérieur des résidences lorsque les fenêtres sont ouvertes, et encore moins de jouir des espaces extérieurs», dénonce le CAPA-L.
Plateau-Mont-Royal: opération NOISE
De mai à septembre 2010, le seul poste de quartier 38, dans l’arrondissement montréalais du Plateau-Mont-Royal, a reçu quelque 3 000 plaintes pour du bruit. «Un gros problème, admet son chef, le commandant Stéphane Bélanger, dû, entre autres, au nombre particulièrement élevé de logements collés aux boîtes de nuit ou aux restaurants.»
Pour tenter d’enrayer le phénomène, Stéphane Bélanger a mis sur pied le projet NOISE. Dans le cadre de ce projet, plusieurs démarches ont été entreprises: rencontre avec les propriétaires de clubs et autres discothèques pour les sensibiliser au problème des nuisances nocturnes, meilleure formation des policiers en matière d’application du Règlement sur le bruit, augmentation des effectifs pour mieux répondre aux appels les jours où le nombre de plaintes est plus élevé, création d’un comité de médiation pour les cas «lourds», hausse des amendes pour les établissements pris en faute, qui passent à 1 000 $ dès la première infraction, etc.
Mission accomplie, estime le commandant Bélanger: «Les deux agents et le véhicule de police que nous avons affectés à la réponse aux appels de bruit chaque fin de semaine entre minuit et 4 h du matin ont couvert environ 400 appels dans l’année. C’est un progrès pour les résidants du Plateau, car, auparavant, ces appels n’auraient pu être pris en compte.»
Crédit photo: iStockphoto
Coalition contre le bruit des hydravions touristiques au Lac-à-la-Tortue, Regroupement des citoyens contre la pollution sonore à Saint-Lambert, Coalition antibruit Les Moulins à Terrebonne et Mascouche... Partout au Québec, des riverains excédés par les nuisances sonores se regroupent pour tenter de régler le problème.