Introduction
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Lors des consultations pré-budgétaires au début de 2010, la Coalition Poids a proposé qu’une taxe de 5 ¢ le litre soit imposée sur les boissons gazeuses et énergisantes. Cela afin d’endiguer l’épidémie d’obésité qui frappe le pays et qui coûterait à la province plus de un milliard de dollars annuellement.
L’organisme faisait ainsi écho à la Fédération des médecins spécialistes du Québec, qui suggère une taxe de 15 % sur une trentaine d’aliments camelotes afin d’injecter 350 millions de dollars dans les coffres de l’État.
Mais le ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand, n’a pas retenu l’idée dans son budget déposé le 30 mars dernier. Un «oubli» qui déçoit et inquiète la directrice de la Coalition Poids, Suzie Pellerin, qui soutient que l’argent généré par une telle taxe aurait pu servir à promouvoir de saines habitudes de vie. «L’idée est d’envoyer un signal clair en faveur des choix santé et de réduire les coûts liés à l’obésité et aux maladies chroniques qui en résultent.»
Incidence sur l'obésité
Mais pourquoi cibler les boissons sucrées et non pas les bonbons ou les croustilles? «Parce que ces boissons sont clairement identifiées comme dommageables à la santé dans la littérature scientifique», précise-t-elle.
En effet, plusieurs études appuient ce constat. En septembre dernier, le California Center for Public Health Advocacy publiait un rapport sur l’impact significatif des boissons gazeuses sur la prise de poids. «Nous buvons ces boissons comme de l’eau. Mais contrairement à l’eau, 20 onces de boissons sucrées contiennent 17 cuillerées à thé de sucre», expose l’auteur de l’étude, le Dr Harold Goldstein.
Paul Boisvert, de la Chaire de recherche sur l’obésité de l’Université Laval, explique : «C’est à partir de deux ou trois boissons sucrées par jour, y compris les boissons fruitées, gazeuses et les jus de fruits, qu’on constate une incidence sur l’obésité. Il faudrait limiter sa consommation à une seule portion par jour, préférablement sous la forme de jus de fruits pur à 100 %.»
Une autre étude, publiée en 2009 dans le New England Journal of Medicine, estime qu’une réduction de 1 à 2 % des calories aurait un impact significatif sur la santé des citoyens de tous les groupes d’âge.
Ce rapport vient s’ajouter à celui du Center for Science in the Public Interest (CSPI) publié en 2005. Dans son document Liquid Candy – How Soft Drinks Are Harming America’s Health, le CSPI expose les liens entre la consommation de boissons sucrées et l’ostéoporose, la carie dentaire, les maladies cardiovasculaires et les calculs rénaux.
Et c’est sans compter le lien entre les additifs qu’elles contiennent, la caféine par exemple, et l’agitation, l’irritabilité, l’insomnie et les allergies. D’autres études révèlent un lien avec le diabète de type 2 et, plus récemment, le cancer du pancréas.
Ces recherches sont cependant noyées dans les messages publicitaires des fabricants, qui s’associent souvent aux événements sportifs d’envergure; on n’a qu’à penser aux récents Jeux olympiques de Vancouver et à leur commanditaire, Coca-Cola.