L'annonce d'une entente de commandite entre Red Bull et l'athlète québécois Alex Harvey provoque des remous dans les milieux de la santé et du sport amateur.
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«L’utilisation des athlètes amateurs pour faire la promotion des boissons énergisantes Red Bull est un message contradictoire lancé aux jeunes au moment où l'Association québécoise des médecins du sport se mobilise pour dénoncer les effets indésirables de la consommation de ces boissons», dénonce Suzie Pellerin, directrice de la Coalition québécoise sur la problématique du poids.
«Alors que la consommation de boissons énergisantes est sérieusement remise en question par le monde scientifique et médical, l’industrie continue à s’imposer dans les milieux fréquentés par les jeunes, dont le milieu sportif», déplore-t-elle.
«Attitude prédatrice et mercantile»
La Coalition craint par ailleurs que cette commandite ne permette à Red Bull de se donner une image positive auprès des jeunes spectateurs.
Récemment médaillé d’or aux Championnats du monde de ski de fond en Norvège, Alex Harvey est en effet un modèle pour de nombreux jeunes Québécois, estime l'organisme, qui est parrainé par l'Association pour la santé publique du Québec.
L'entente de commandite entre la multinationale de boissons énergisantes et le fondeur québécois est une mauvaise nouvelle, juge aussi le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ).
Le RSEQ s’indigne de «l’attitude prédatrice et mercantile de l’industrie des boissons énergisantes», qui envahit l’environnement des jeunes «par des moyens pernicieux pour faire la promotion de ses produits jugés dangereux par les professionnels en santé publique».
Outils promotionnels
Les deux organismes admettent que l’organisation de grands événements sportifs et la pratique du sport de haut niveau nécessitent des fonds importants. Toutefois, le RSEQ trouve «déplorable» que les athlètes québécois «servent d’outils promotionnels à ces compagnies de malbouffe faute d’avoir d’autres choix».
«Doit-on permettre à une industrie dont les produits sont reconnus dangereux pour la santé d’utiliser l’image sympathique de nos athlètes pour faire bonne figure et en tirer profit?» se questionne-t-il.
Le RSEQ et la Coalition Poids réclament que la multinationale révise sa stratégie de marketing et cesse d’utiliser les athlètes pour faire sa promotion. «Red Bull, comme toutes les marques de boissons énergisantes, doit cesser de sous-estimer les conséquences potentiellement néfastes de ses produits sur la santé des jeunes», conclut Suzie Pellerin.
Des boissons néfastes à la santé
Selon l'Association québécoise des médecins du sport (AQMS), les boissons énergisantes ne sont pas recommandées lors de la pratique d'activités sportives.
Certes,
la caféine, leur ingrédient actif principal, est un stimulant qui
améliore l’éveil et diminue la perception de la fatigue, admet
l'association. Mais «autant dans les activités anaérobiques
qu’aérobiques», non seulement les résultats ne sont pas concluants, mais
«beaucoup d’effets secondaires, tels que des céphalées, des
tremblements et des insomnies» ont été rapportés.
«Complications cardiaques et neurologiques»
De
plus, insiste l'AQMS, «des complications sérieuses, cardiaques et
neurologiques» seraient associés à une consommation excessive de ces
boissons, «particulièrement lorsque jumelée à l’activité physique ou à
l’alcool».
Enfin, note l'AQMS, «la grande quantité de sucre qu'on
trouve dans ce type de boisson favorise un surplus de poids inutile» et
sa banalisation chez les jeunes «en favorise la surutilisation,
régulière ou occasionnelle, d’où un risque plus élevé d’intoxication,
aiguë ou chronique».
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