Introduction
Réjean Poudrette
Les fabricants de boissons énergisantes n’y vont pas de main morte pour nous convaincre de la puissance de leurs mixtures: ils mettent en scène des athlètes de sports extrêmes, des amateurs de planche, de soccer, de course et d’autres sportifs qui conjuguent agilité et endurance.
En un mot, c’est la performance qu’on veut nous vendre. En buvant de la Guru, vous adoptez «une philosophie valorisant la vie en elle-même: vivre pour le moment, vivre à fond, vivre à toute vitesse, vivre dans un corps sain et vivre heureux».
La Red Bull, elle, prétend vous donner des ailes et stimuler votre corps et votre esprit, alors que la Beaver Buzz «vous donne l’énergie de placer la barre haute et de vous fixer les critères de performance les plus élevés». Et cela est nécessaire, selon la Base, parce que «le rythme infernal de nos vies actives requiert constamment le surpassement de nos capacités réelles».
Ainsi, au lieu d’essayer d’équilibrer sa vie, il faut ingurgiter des stimulants liquides pour être capable de suivre, sinon d’accroître, le rythme. Séduits par la solution, les consommateurs répondent à l’appel en masse: le marché des boissons énergisantes, tous pays confondus, se chiffrait à 3,4 milliards de dollars US en 2006, et durant cette même année, 500 nouvelles marques faisaient leur apparition sur le marché.