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Effets sur la santé

Par Rémi Maillard

Mise en ligne : mai 2011

 | 

Magazine : juin 2011

Effets à court terme

Une étude publiée en 2009 dans la revue Journal of Dentistry confirme que les produits vendus dans le commerce érodent très légèrement l’émail des dents. Elle montre aussi que, selon le type de traitement, celles-ci perdent une partie de leur (relative) élasticité.

Rien d’alarmant, estime cependant la Dre St-Georges. «On observe bien une légère érosion de l’émail dans les jours qui suivent un traitement, concède-t-elle. Mais comme il y a un échange constant de minéraux entre la salive et les dents, ceux-ci se redéposent assez vite et tout redevient normal.» Même son de cloche à Santé Canada, qui certifie que «les possibles effets indésirables des produits sur la structure de la dent ou la solidité de l’émail ne soulèvent aucune inquiétude».

Biologiste et chercheur en toxicologie à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (France), le professeur Michel Goldberg n’est pas de cet avis: «S’il n’y avait aucune altération de structure, on n’observerait pas d’éclaircissement dentaire. Au microscope électronique, la surface d’une dent blanchie ressemble à la façade d’un immeuble criblé de balles. Si les dentistes savaient qu’ils transforment l’émail en passoire, ils seraient épouvantés!»

Le chercheur pointe également l’existence de «phénomènes de corrosion à la marge» entre les amalgames d’argent ou de résine composite et la dent, «ce qui fragilise l’étanchéité de l’obturation, ouvre la porte aux micro-organismes et accroît le risque de caries». Il ne faut pas généraliser, tempère ­­­­Annie ­­St-Georges: «Oui, le blanchiment peut affecter certaines restaurations lorsqu’elles sont défectueuses, mais cela ne signifie pas pour autant qu’on est obligé de tout changer.»

Effets à long terme

Par ailleurs, Michel Goldberg s’inquiète des conséquences pour l’estomac de l’ingestion de peroxyde en cas d’utilisation fréquente: «Même si les cellules de la paroi stomacale et de l’intestin se renouvellent, le fait de les agresser en permanence risque de provoquer au moins une gastrite.» D’après le Comité scientifique des produits de consommation de la Commission européenne, «un utilisateur de produits de blanchiment des dents avale jusqu’à 25 % du peroxyde d’hydrogène appliqué».

De son côté, l’ADC rappelle sur son site Web que «les effets à long terme du blanchiment sont encore inconnus et doivent faire l’objet de recherches», surtout en cas de traitements à répétition. Une raison supplémentaire d’être prudent, croit Johanne­ Côté: «Même si nous vivons dans un monde où prime­ l’apparence, il faut employer tous ces produits avec parcimonie. C’est bien beau d’avoir un sourire plus éclatant, mais à quel prix? Une dent, ça ne se remplace pas si facilement!»

Conclusions du Comité scientifique des produits de consommation (CSPC) de la Commission européenne:

  • L’utilisation de dentifrices, de bains de bouche et de produits de blanchiment des dents contenant jusqu’à 0,1 % de peroxyde d’hydrogène ne présente aucun risque pour la santé du consommateur.
  • L’utilisation de produits de blanchiment contenant entre 0,1 et 6 % de peroxyde d’hydrogène peut comporter des risques, qui augmentent à mesure qu’augmentent la concentration en peroxyde et la fréquence d’application.
  • Les risques potentiels de l’utilisation de produits de blanchiment contenant entre 0,1 et 6 % de peroxyde d’hydrogène peuvent être limités si le traitement est appliqué convenablement avec l’approbation d’un dentiste et sous sa supervision. Le cas individuel de chaque patient doit être pris en compte avant le traitement.
  • On considère que l’utilisation de produits de blanchiment contenant plus de 6 % de peroxyde d’hydrogène n’est pas sûre pour les consommateurs.

Préoccupant pour les fumeurs

«Le peroxyde d’hydrogène peut agir comme un faible “promoteur de cancer”, c’est-à-dire qu’il peut légèrement stimuler la croissance ou la multiplication des cellules cancéreuses», estime le CSPC. En effet, «la consommation de tabac, l’abus d’alcool et certaines prédispositions génétiques augmentent le risque de cancer de la bouche. Le peroxyde peut dès lors augmenter encore ce risque, particulièrement lorsque le traitement est répété. Cela peut être préoccupant, dans la mesure où les fumeurs sont des candidats vraisemblables au blanchiment des dents». Toutefois, selon l’Agence internationale de recherche sur le cancer, la faible quantité de peroxyde utilisée dans les produits de blanchiment exclurait tout risque carcinogène chez l’humain. Source: GreenFacts (2008).

Conseils pour réduire les risque, selon l'Association dentaire canadienne, l'Ordre des dentistes du Québec et Santé Canada:

  • Consultez votre dentiste avant d’entreprendre un traitement de blanchiment, surtout si vous avez eu des infections buccodentaires, si vous venez de recevoir des soins ou si vous souffrez déjà de sensibilité des dents.
  • Lisez attentivement et suivez le mode d’emploi qui figure sur l’étiquette du produit.
  • Ne l’utilisez pas plus de deux semaines sans la supervision d’un dentiste.
  • Si vos dents deviennent sensibles, diminuez de moitié la durée recommandée d’application du produit. Si cela ne suffit pas, cessez de l’utiliser durant deux ou trois jours, puis reprenez le traitement. Si la douleur persiste, arrêtez tout et voyez un dentiste.
  • Évitez le tabac, le thé et le café durant le traitement et dans les semaines qui suivent.
  • Le blanchiment des dents est contre-indiqué pour les femmes enceintes ou qui allaitent et les enfants de moins de 12 ans. Il est également déconseillé dans les cas d’affection buccale ou gingivale.

Examen préalable

Johanne Côté, présidente et directrice générale de l’Ordre des hygiénistes dentaires du Québec, avertit: avant de vous précipiter à la pharmacie ou dans une clinique d’esthétique, consultez un professionnel de la santé buccodentaire pour faire évaluer la teinte de vos dents et vérifier qu’elles sont capables de supporter l’opération. «Appliquer du peroxyde sur une dent en mauvais état peut être très douloureux, dit-elle. Seul un examen permet de détecter un éventuel début de carie, un plombage défectueux, une fêlure, une racine exposée ou un problème de gencive qu’il faudra traiter au préalable.»

Ne vous fiez pas non plus aux publicités qui promettent des résultats «permanents». «Rien n’est permanent, même les dents naturelles changent de couleur, souligne Annie St-Georges. L’effet d’un traitement supervisé par un dentiste peut rester visible de quelques mois à plusieurs années. Cela varie d’une personne à l’autre et dépend, notamment, de l’hygiène de vie.» Avec les trousses vendues dans le commerce, il dure « environ six mois», indique Santé Canada. Enfin, sachez qu’un nettoyage accroît les chances de réussite du traitement, car le produit pénètre plus facilement l’émail en l’absence de plaque dentaire et de tartre.

Précision importante, il agit uniquement sur les dents naturelles, et non sur les obturations en composite, les couronnes ou les facettes. Après le blanchiment, vous devrez donc prévoir refaire celles qui sont visibles afin d’harmoniser les teintes, ce qui peut coûter plusieurs milliers de dollars. Et répéter le traitement chaque fois que son effet s’estompe…

Dents sensibles, s’abstenir

Les effets secondaires les plus courants liés à l’emploi du peroxyde sont une irritation des gencives et une sensibilité accrue des dents au chaud ou au froid – jusqu’à deux tiers des patients seraient affectés, selon l’Ordre des dentistes du Québec. En général, ces effets disparaissent au bout de quelques jours. Et lorsque le traitement est supervisé par un professionnel, ils sont moins fréquents qu’il y a quelques années, assure le Dr Serge Langlois. La raison? «Les concentrations de peroxyde sont moins élevées, explique le président de l’Association des chirurgiens dentistes du Québec. Au besoin, on peut aussi réduire le temps durant lequel le patient porte ses gouttières ou y ajouter un agent désensibilisant pour diminuer la douleur.»

Évitez les cliniques d’esthétique, spas et autres salons de coiffure, recommande la Dre St-Georges. «Ils pratiquent des prix très bas, parfois inférieurs à 100 $. Mais ces gens-là ne sont ni dentistes ni hygiénistes. Souvent, le peroxyde est mal appliqué et on a constaté de nombreux cas de sensibilité importante des dents et des gencives. En outre, une coiffeuse ou une esthéticienne ne peut pas faire grand-chose s’il y a un problème, car elle ignore tout de ce qui se passe dans la bouche de son client et pourquoi il a mal.»

Pour Johanne Côté, le problème vient d’abord des produits en vente libre: «Beaucoup de gens veulent que leurs dents blanchissent rapidement, alors ils en mettent plus et plus longtemps. Or, à la longue, si le peroxyde est appliqué en trop grande quantité ou trop souvent, la couche externe de la dent finit par être altérée, ce qui rend l’émail plus poreux et plus sujet aux taches.» 

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