Par Rémi Maillard
Paru en août 2008
4) Y a-t-il un danger pour la santé?
Dans un rapport préliminaire rendu public au printemps, les chercheurs du programme national de toxicologie étasunien (NTP) soulignent qu’«il existe certaines inquiétudes quant à des effets sur le comportement et le système nerveux des fœtus, des nourrissons et des enfants» avec les niveaux actuels de BPA dans l’alimentation.
Ces «inquiétudes» reposent sur l’analyse de nombreuses études de laboratoire sur des rongeurs montrant qu’«un faible niveau d’exposition au BPA pendant le développement peut modifier le comportement et provoquer des changements dans le cerveau, la prostate, les glandes mammaires, et l’âge de la puberté chez les filles».
Toutefois, nuance le NTP, «les études ne fournissent qu’une preuve limitée de ces effets néfastes et d’autres recherches devront être menées pour mieux comprendre l’implication du BPA sur la santé humaine».
Plusieurs scientifiques associent le BPA à l’augmentation des cas de cancers du sein et de la prostate, à l’épidémie croissante d’obésité, au diabète de type 2, voire au trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).
Bien que ces conclusions soient loin de faire l’unanimité parmi les experts en raison de divergences méthodologiques, tous s’accordent au moins sur un point: le bisphénol A peut entraîner des perturbations neurologiques et comportementales chez les animaux en bas âge.
«La seule vraie question est de savoir si ce qu’on observe chez le rat ou la souris est extrapolable à l’homme. En fait, cela dépend des doses et de la période d’exposition et, aujourd’hui, personne n’est encore en mesure d’apporter une réponse», résume Bernard Robaire.