Wi-fi, cellulaires, compteurs intelligents… la crainte des ondes électromagnétiques se propage à vitesse grand V! Un climat de peur que dénoncent 60 scientifiques québécois.
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«Irraisonnable et peu éclairé par la démarche scientifique»: c’est ainsi que Thomas Gervais, ingénieur et enseignant à l’École Polytechnique de Montréal, résume le débat actuel concernant les effets des ondes électromagnétiques (OEM) sur la santé. Il signe, avec 59 autres scientifiques, une lettre ouverte pour déplorer que la question des OEM, ondes notamment propagées par le Wi-fi, les cellulaires et les compteurs intelligents, «soit occultée par l’unique question des soi-disant effets de ce rayonnement sur la santé».
Les médias pointés du doigt
Alors que le débat sur l’innocuité des OEM fait rage, Thomas Gervais croit nécessaire de réaffirmer l’avis majoritaire de la communauté scientifique sur la question. «Tout porte à croire qu’il n’y a aucune incidence sur la santé», assure-t-il, tout en regrettant de voir les médias entretenir la confusion. «Ils accordent une place prépondérante à l’infime minorité de recherches qui tendraient à démontrer un lien entre cancer et OEM.» Et l’ingénieur de dénoncer la place prépondérante dans le débat de personnes sans formation scientifique qui font un business de l’angoisse du public. «Les gens ont le droit de savoir. Notre rôle, en tant que scientifiques, est de rétablir les faits», affirme-t-il.
Qu’en disent les études?
Selon les signataires, les craintes suscitées par les OEM sont principalement basées sur «une méconnaissance de la nature de ces ondes et de leurs interactions avec le corps humain, une mauvaise lecture de la littérature scientifique sur le sujet et une méfiance envers les organismes locaux, nationaux et internationaux de santé publique». D’après eux, la polémique sur les compteurs électroniques dits «intelligents» d’Hydro-Québec et leurs éventuels impacts sur la santé n’a pas lieu d’être. Face aux regroupements de citoyens qui dénoncent les dangers des OEM, les auteurs répliquent point par point. «Les milliers d’études réalisées […] ne montrent pas de hausse des cas de cancer suite à l’exposition aux radiofréquences de faibles intensités […]. Quelques études ponctuelles révélant un lien direct entre radiofréquences et santé ont été publiées, mais elles sont sévèrement critiquées par la communauté scientifique», soutiennent les signataires. «Ces études ne sont jamais répliquées indépendamment, ce qui est la base de la démarche scientifique», renchérit Thomas Gervais.
Le cas de l’hypersensibilité électromagnétique
Selon l’ingénieur, le climat de peur qui règne sur la dangerosité des OEM serait même «contagieux». Les cas d’hypersensibilité électromagnétique (stress, maux de tête, insomnie, palpitations cardiaques) sont, selon les auteurs, imputables à «l’anxiété suscitée par l’existence des OEM et non de leur effet réel sur le corps», tout en rappelant «[…] qu’il n’existe pas non plus de preuve convaincante que quiconque soit capable […] de reconnaître la présence de ces ondes par leurs effets sur leur corps».
Une démarche volontaire
Les auteurs suggèrent donc de se garder de prendre toute décision concernant les OEM sur la seule base de ces craintes infondées. «C’est une démarche volontaire», insiste Thomas Gervais, qui réfute toute théorie du complot en réaffirmant son indépendance: «Je ne suis ni soutenu, ni financé par Hydro-Québec ou par quelque lobby des télécommunications.» Pour joindre le geste à la parole, il a mis en place une brigade électro-urbaine qui sillonnera le Québec cet été pour mesurer gratuitement les champs électromagnétiques dans les habitations des citoyens volontaires.
Pour consulter la lettre ouverte dans son intégralité (la version française est en deuxième partie)
Pour joindre la brigade électro-urbaine: brigadeelectrourbaine@polymtl.ca
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Participez à la discussion sur Vox Conso: Les compteurs intelligents d'Hydro-Québec vous inquiètent-ils?
- Commentaire de Jean Rouleau: «Depuis l’été 2011, Hydro Québec a changé mon ancien compteur qui fonctionnait à merveille depuis 1986 par un nouveau compteur intelligent.
Ils sont venus l’installer en me disant que mon adresse avait été choisie pour faire l’essai et que par la suite ils vont les installer dans ma région, la ville de Terrebonne. Je ne comprends pas pourquoi ils ne prennent pas les informations des pays d’Europe qui ont fait l’essai et se sont aperçus que ces compteurs sont problématiques et nuisibles pour la santé. Pourquoi Hydro Québec ne s’informe pas sur ces essais? Depuis l’installation je me sens comme un cobaye, j'ai des troubles du sommeil et maux de tête.»
- Commentaire de Stéphane Jean-François: «Monsieur Mesna, d'accord avec vous, l'État a un plan. Mais n'oublions pas qu'Hydro-Québec rapporte aussi à tous les citoyens et que l'État c'est aussi nous!
Si vraiment on veut faire payer la consommation d'électricité selon un nouveau modèle, il faut voir si ce nouveau modèle est acceptable pour la société. Le modèle actuel est acceptable pour le citoyen qui ne paye pas cher, mais fait des victimes du point de vue environnemental. Dans les faits, une électricité subventionnée encourage le gaspillage. Je suis contre le gaspillage, mes trois enfants méritent plus car eux vont payer l'essence à 2 $ le litre et l'électricité beaucoup plus cher à cause du pelletage de dettes que l'on va leur laisser par le statut quo.»
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