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Médicaments : les avantages d’un régime public universel

Par Rémi Maillard

Mise en ligne : 16 septembre 2010

Le Canada est l’un des pays au monde où les médicaments coûtent le plus cher. Pour éviter que les budgets de la Santé explosent, il faut éliminer l’assurance privée, conclut un rapport.

Photo: Réjean Poudrette

Les Canadiens pourraient économiser jusqu’à 10,7 milliards de dollars, soit 43 % des coûts du régime actuel d’assurance médicaments en vigueur au pays.

C’est en tout cas la conclusion d’un rapport publié en début de semaine par le Centre canadien de politiques alternatives et l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques.

Comment ? En adoptant un régime public universel d’assurance médicaments. Même au Québec, où secteurs privé et public coexistent, il y aurait moyen de réaliser d’importantes économies.

Protégez-Vous a interrogé l’auteur principal du rapport, Marc-André Gagnon, professeur à la School of Public Policy and Administration de l’Université Carleton, à Ottawa.

En quoi un régime d’assurance médicaments public universel serait-il plus économique pour les contribuables ?

En réalisant l’étude, nous nous sommes aperçus que l’assurance médicaments est infiniment plus coûteuse, et donc beaucoup moins efficace, lorsqu’elle est fournie par un assureur privé. L’instauration d’un régime public universel permettrait de différencier les nouveaux médicaments afin de ne rembourser que ceux qui représentent une réelle avancée thérapeutique.

Parce qu’aujourd’hui, beaucoup de nouvelles molécules coûtent très cher alors qu’elles n’apportent rien de mieux que ce qui existe déjà, ce qui alourdit beaucoup le fardeau des finances publiques : ainsi, depuis 1985, le coût des médicaments a augmenté de plus de 10 % par an.

Un régime public universel serait aussi l’occasion de revoir les politiques industrielles actuelles, qui cherchent à soutenir le secteur pharmaceutique en gonflant artificiellement le prix des médicaments brevetés. Il est louable de vouloir soutenir cette industrie sur le plan national, mais encore faut-il que le jeu en vaille la chandelle. Or, actuellement, le coût de ces politiques est tout à fait disproportionné par rapport aux retombées économiques générées au Canada.

Le rapport étudie différents scénarios. En résumé, si on mettait en place un régime universel uniquement en éliminant le gaspillage lié aux assurances privées et en améliorant les choix thérapeutiques, on pourrait économiser 2,9 milliards de dollars, soit 12 % de l’ensemble des coûts.

Et si on éliminait les politiques industrielles actuelles, il y aurait moyen d’épargner jusqu’à 10,7 milliards, soit 43 % de l’ensemble des dépenses effectuées au pays.

Comment cela ?

Le Canada est le deuxième pays « le plus cher » au monde en matière de prix de détail des médicaments de prescription, et le troisième pour le prix des médicaments brevetés. Si on veut repenser de manière plus rationnelle les politiques industrielles et qu’on cherche à faire baisser le prix des médicaments brevetés, la première chose à faire est d’instaurer un système de prix de référence.

Autrement dit de s’assurer que, pour chaque catégorie thérapeutique, l’État rembourse le médicament le moins cher ayant un effet thérapeutique comparable à celui des autres. Ce système existe déjà en Nouvelle-Zélande et en Colombie-Britannique, par exemple, et on pourrait le généraliser à l’ensemble du Canada.

On pourrait mettre sur pied un régime public universel à partir du premier dollar dépensé. Ce régime couvrirait l’ensemble des frais et il n’y aurait ni franchise ni quote-part à payer. L’ensemble de la population aurait alors accès à des médicaments sans puiser directement dans ses poches.

Bien sûr, cela entraînerait une certaine croissance de la consommation – 10 % au maximum – et des frais au niveau public. Mais en bout de ligne, le problème d’accès aux médicaments serait réglé et les contribuables réaliseraient d’importantes économies, ne serait-ce qu’en éliminant le gaspillage lié à l’assurance privée et en améliorant les choix thérapeutiques.

Que devraient faire les gouvernements pour améliorer l’efficacité du système ?

Pour commencer, admettre que leurs politiques industrielles n’ont pas eu les retombées escomptées, ni en termes économiques ni en termes thérapeutiques. Au départ, elles visaient à encourager les investissements en recherche et développement (R&D).

Aujourd’hui, force est de constater qu’elles ont créé un modèle d’affaires qui fait que les firmes pharmaceutiques n’ont pas intérêt à effectuer une véritable R&D novatrice en matière thérapeutique. Au contraire, il aboutit à produire uniquement des versions à peine modifiées de molécules déjà présentes sur le marché. Ce qui permet d’allonger la durée de vie des brevets de ces me too drugs et de les transformer en blockbusters grâce au marketing.

À l’époque, les pharmas s’étaient engagées à maintenir un ratio de 10 % entre leurs investissements en R&D et leurs ventes. Cet engagement n’a pas été respecté et on est aujourd’hui rendu à 7,5 %. Cela prouve que les politiques excessivement coûteuses menées par nos gouvernements n’ont donné aucun résultat.

Plutôt que soutenir le secteur pharmaceutique privé dans l’espoir d’obtenir des innovations thérapeutiques, il vaudrait beaucoup mieux investir davantage dans le financement public de la recherche.

Pour en savoir plus

Centre canadien de politiques alternatives

Institut de recherche et d’informations socio-économiques

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  • 26 sept. 2010
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    Participation de NICOLE ROY

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    Par NICOLE ROY
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    Je ne partage pas les conclusions de cette étude qui va totalement à l'encontre de ce qu'on entend pour régler les problèmes financiers du système de santé québécois. Le programme d'assurance-médicaments du Québec a subi des hausses de coûts annuellement depuis sa mise sur pied. Le rendre universel règlerait-il ces hausses de coûts?

  • 20 sept. 2010
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    Participation de Nathalie Lequin

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    Par Nathalie Lequin
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    je payerais et j aurais beaucoup plus confiance en un médecin pour qui me garde en santé que pour un médecin qui me soigne. Ou est allé le sens de la responsabilité de notre santé exercices bonne alimentation prévention des moments pour rire... Voilà un régime de santé responsable

  • 18 sept. 2010
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    Participation de Laurie Ponza

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    Par Laurie Ponza
    (Participant occasionnel)

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    Parfaitement d'accord avec l'étude. Ça ne me surprend pas du tout !! L'industrie pharmaceutique brasse des centaines de milliards de dollars par année, et comme nous le savons .... où qu'il y a de l'argent ... il y a de la magouille pour en faire plus !!!!

  • 17 sept. 2010
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    Participation de Luc de Champlain

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    Par Luc de Champlain
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    Absolument d'accord !!!

  • 17 sept. 2010
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    Participation de André Boyer

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    Par André Boyer
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    J'ai toujours pensé que le système public devrait financer la recherche pour le bien public. Les compagnies pharmaceutiques développent des médicaments qui soulagent les maux afin de créer une dépendance, le système public devrait développer des médicaments qui guérissent les maux. Ainsi avec le temps nous diminuerions notre consommation de médicaments.

  • 16 sept. 2010
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    Participation de PASCAL TREMBLAY

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    Par PASCAL TREMBLAY
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    Je suis loin d'être expert dans le domaine, mais cette analyse me semble quelque peu simpliste. En théorie, ça semble bien, mais si on regarde le système québécois d'assurance-médicament, on se rend contre rapidement que c'est un flop monumental. J'aurais apprécié une analyse pour le privée en contrepartie.

  • 16 sept. 2010
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    Participation de MONIQUE COLLARD

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    Par MONIQUE COLLARD
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    Je paie de ma poche pour le système privé, comment en coûte t’il quelque chose au public ? Si vous éliminez le système privé, le public paiera pour mes frais qui sont moins dispendieux que le système public. Si l’on offre la possibilité de migrer du système privé au système public de façon volontaire, les contribuables qui verraient des économies possibles, migreraient d’eux-mêmes. En quoi les régimes privés sont-ils liés au gaspillage? Mon régime privé m’encourage l’utilisation de médicaments génériques, favorisant ainsi des frais d’assurance moins élevés.

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