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Des vêtements éthiques d'accord, mais comment s'y retrouver

Par Frédéric Khalkhal

Mise en ligne : 17 novembre 2011

Les écodesigners s’affichent de plus en plus et la mode éthique est en croissance au Québec. Mais comment déchiffrer les étiquettes pour vous assurer que vos vêtements sont bel et bien écoresponsables?

Photo: Shutterstock

Qu’entend on par mode éthique? Est-il facile de se procurer des produits de mode éthique? Ces produits le sont-ils vraiment? Vous trouverez bientôt les réponses à vos questions dans le Guide de la mode éthique au Québec (PDF) de l’Observatoire de la consommation responsable (OCR), rendu public le 16 novembre 2011 sur son site.

L’organisme y dresse le portrait encore mal connu du secteur de la mode éthique au Québec.

Éthiques, mais pas certifiés
Dans son enquête, l’OCR a dénombré dans la province au moins 48 entreprises offrant des produits textiles éthiques comme des vêtements en coton ou tissu biologique, du prêt-à-porter à base de tissu récupéré ou provenant du commerce équitable.

«Plusieurs certifications internationales existent dans le secteur de la mode éthique, mais très peu d’entreprises québécoises offrent des produits textiles éthiques certifiés.» Voilà l’un des premiers constats du rapport encadré par Fabien Durif, directeur de l’Observatoire de la consommation responsable.

Seuls 9,7 % des fabricants québécois détiennent une licence de certification pour leurs produits éthiques.

D’ailleurs, certaines enseignes préfèrent s’appuyer sur la relation de confiance avec leurs clients plutôt que de chercher une certification. «Il est difficile de tracer l’origine des produits que nous vendons, même s’ils sont certifiés», explique Pascal Benaksas-Couture, cofondateur d'OÖM Ethikwear à Montréal, une entreprise œuvrant dans la mode éthique. Une bonne relation avec votre commerçant peut parfois en dire plus qu’une étiquette difficile à déchiffrer. Ainsi, l’écodesigner explique à ses clients que ses vêtements sont entièrement faits de coton biologique et de tissus écoresponsables tels que le coton recyclé à 70 %. OÖM Ethikwear associe également son travail à des organismes de réinsertion sociale et redistribue 1 % du produit de ses ventes à des groupes qui participent à l'amélioration de la société et de l'environnement.

Un manque d’information
Aucune législation n’existe actuellement au Québec concernant les certifications pour les produits textiles éthiques. Un oubli du législateur qui laisse dans le brouillard des consommateurs qui ont du mal à s’y retrouver.

Et lorsqu’une étiquette arbore le logo d’une des 20 certifications éthiques existantes, il est très difficile, par manque d’information, de savoir ce qu’elle signifie. «Les certifications biologiques s’appliquant aux produits textiles garantissent entre 5 et 95 % de biologique. La marge est importante et mérite d’être mise plus en évidence par les acteurs du milieu», explique Fabien Durif.

«La traçabilité du vêtement éthique donnerait une garantie beaucoup plus forte aux consommateurs. Dire où c’est cousu, entrer le numéro des lots de tissus reçus. L’industrie du vêtement éthique est aujourd’hui très libre», déplore Pascal Benaksas-Couture qui, depuis la création de sa marque éthique, en 2003, ne cesse cependant d’accroître son chiffre d’affaire. Signe que le secteur a un bel avenir et gagnerait à être mieux encadré.

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