Introduction
Chez les Séguin, on est réparateur d’électroménagers depuis trois générations à Montréal. Roméo a débuté dans le métier en 1945. Le dernier de la lignée, Michel, a repris le commerce de son père en 1984, mais y travaille depuis plus de 40 ans. Il se souvient avec une certaine nostalgie des laveuses à essorage manuel à tordeurs qu’il allait réparer dans les années 1960.
« Il y a une quinzaine d’années, j’avais sept employés sur la route. Aujourd’hui je ne peux plus en faire travailler qu’un seul », dit-il. Ce n’est certainement pas parce que les électroménagers ne se brisent plus, bien au contraire. « Les pièces sont plus petites et moins solides. Bien souvent, le plastique a remplacé le métal », explique Michel Séguin. Et quand on a encore en stock le moteur de ce modèle de sécheuse, la pièce coûte parfois 50 $ de moins que la sécheuse flambant neuve. Résultat: ses clients lui paient son déplacement, mais préfèrent remplacer leur électro plutôt que de le faire réparer.
« La guerre de prix des électroménagers neufs a eu raison de la qualité des produits », assure Michel Séguin.
« Le remplacement de pièces mécaniques par des composantes électroniques a aussi diminué la durée de vie des appareils », ajoute Claude Couture, réparateur d’électroménagers depuis 45 ans à Otterburn Park, en Montérégie. Selon lui, le lave-vaisselle fabriqué dans les années 1990 durait en moyenne une vingtaine d’années, alors que le modèle vendu aujourd’hui se retrouvera au cimetière des électros environ sept ans après son achat.