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Québec se lance dans le biogaz

Par Jean-François Gazaille

Mise à jour : décembre 2010


Des déchets prometteurs

Polystyrène, cartons de jus et de lait, verre, rebuts électroniques... où vont nos déchets? Pourraient-ils être valorisés? Oui, dans certains cas où les solutions et les infrastructures tardent à venir...

Polystyrène
Plus de 25 millions de tonnes de polystyrène expansé et non expansé sont produites dans le monde chaque année. Cette matière plastique ultralégère, communément appelée styromousse, sert notamment de matériau de rembourrage et entre dans la fabrication de barquettes alimentaires, de panneaux isolants et de verres. Au Québec, on en enfouit 17 900 tonnes par an, selon le Centre de transfert technologique en écologie industrielle (CTTEI), à Sorel-Tracy.

Le hic, c’est qu’il n’est pas biodégradable et que, en raison de sa faible densité, il occupe beaucoup d’espace dans les sites d’enfouissement. Il est pourtant bel et bien recyclable. Une poignée de recycleurs en achètent, mais ils ne veulent que du polystyrène récupéré auprès de fabricants et de commerces – notamment parce que le polystyrène post-
consommation, provenant essentiellement d’emballages alimentaires, est souillé.

L’industrie du plastique a avivé l’espoir d’une réutilisation du styromousse post-consommation avec l’ouverture, à la fin de 2008, d’une usine en banlieue de Toronto par l’Association canadienne du recyclage du polystyrène. Cependant, comme la faible densité du polystyrène fait que son transport est extrêmement coûteux, l’usine n’a pas suscité l’intérêt des centres de tri québécois. Même avec sa clientèle ontarienne, l’entreprise n’a pas su faire ses frais. Elle a définitivement cessé ses activités au printemps 2010.

Le polystyrène post-consommation trouvera-t-il un jour preneur chez les recycleurs? Un comité institué par Recyc-Québec se penche sur la question depuis novembre 2009. Aucun échéancier n’a cependant été fixé. Du reste, le CTTEI tente d’améliorer un procédé de récupération par dissolution déjà utilisé au Japon et en Floride. Le solvant – du limonène, un sous-produit d’agrumes – absorbe non seulement le polystyrène, mais il en détache aussi les impuretés et les souillures. Le polystyrène est ensuite récupéré par évaporation.

Cartons de jus et de lait
La brique de lait est constituée de carton recouvert d’une mince pellicule plastique. Les contenants de jus multicouches (de type TetraPak) sont, eux, composés de 70 % de carton, de 24 % de polyéthylène et de 6 % d’aluminium. Dans les deux cas, la superposition de matériaux en fait des emballages parfaitement aseptiques… mais complique le réemploi.

Les emballages multicouches ont trouvé occasionnellement preneur auprès de rares usines de recyclage en Ontario et en Colombie-Britannique, qui séparent la pulpe de carton du plastique et de l’aluminium.

Selon Recyc-Québec, 72 100 tonnes de contenants multicouches ont été mises en marché au Québec en 2005. La collecte sélective permet d’en récupérer bon an, mal an quelque 10 000 tonnes – les éboueurs en ramassent autant.

Comme les quantités de récipients multicouches traitées dans les centres de tri sont relativement faibles – 3 % du tonnage des cartons et papiers –, il faut en accumuler pendant des mois avant d’en avoir suffisamment pour charger un camion.

Le Groupe RCM, un atelier de recyclage de Yamachiche, en Mauricie, a peut-être trouvé un moyen de traiter efficacement les emballages multicouches. Avec le Centre de recherche industrielle du Québec, cette entreprise québécoise d’économie sociale a développé un procédé permettant de fondre les emballages multicouches et les sacs et pellicules en plastique en une résine industrielle. Alors qu’une résine de plastique vierge vaut 1 500 $ la tonne, celle que produit le Groupe RCM a été évaluée à 450 $ la tonne. Mais déjà, «notre premier acheteur est prêt à nous offrir 700 $ la tonne», dit Michel Camirand, directeur général de l’entreprise. La résine industrielle est prisée par les fabricants de pots de fleurs, de traverses de chemin de fer, de plastibois, etc.

Le Groupe RCM prévoit transformer 525 tonnes de cartons multicouches et 2 100 tonnes de sacs et pellicules en plastique au cours de la prochaine année. La production devrait quintupler d’ici à deux ans. «Et cette résine est recyclable à l’infini», dit Michel Camirand.

Verre
Du verre dans le béton? Voilà l’une des solutions étudiées à l’Université de Sherbrooke pour valoriser les quelque 250 000 tonnes de verre mises chaque année au rebut, dont les trois quarts proviennent des ménages.

Près de la moitié du verre prend le chemin des sites d’enfouissement. C’est encore trop, puisque la nouvelle politique québécoise de gestion des matières résiduelles vise un taux de recyclage de 70 %.

L’essentiel du verre alimentaire est aujourd’hui destiné à la firme Unical. Une fois nettoyé et débarrassé des matières «contaminantes» (métal, aliments, peinture, etc.), le verre est broyé en une fine poudre appelée calcin, qui sera mélangée à du sable, de la chaux et du carbonate de calcium.

Fondu, le calcin entre dans la fabrication de récipients, de matériaux isolants, de carreaux de céramique ou de comptoirs. Il peut aussi être employé comme abrasif.

Or, les chercheurs de la Chaire en valorisation du verre mixte de l’Université de Sherbrooke proposent un débouché pour le verre mixte, qui a une moins grande valeur ajoutée et qui est plus difficile à recycler que le verre incolore. Il s’agit de remplacer par du verre mixte une fraction du ciment ou encore des granulats qui entrent dans la composition du béton. Broyé en une poudre blanche ayant l’aspect de la farine, le verre brut accroît l’imperméabilité du béton. Cette technologie sera exploitée sous licence par le centre de tri Tricentris, à Lachute, dans les Laurentides. L’entreprise construira une usine de transformation du verre qui devrait démarrer d’ici à deux ans. Elle pourra traiter 87 000 tonnes de verre par année.

Déchets électroniques
Trop de déchets électroniques et informatiques finissent au dépotoir. C’est l’avis de Sylvie Castonguay, directrice générale du Réseau québécois des Centres de formation en entreprise de récupération (CFER), un regroupement de 21 ateliers-écoles, dont la moitié récupèrent et démantèlent les vieux ordinateurs, imprimantes et autres équipements du genre.

Les CFER ont démantelé près de 1 000 tonnes de matériel en 2009-2010. Les pièces en plastique et en métal récupérées sont vendues à des recycleurs. Les écrans sont acheminés à une fonderie du groupe Xstrata, au Nouveau-Brunswick, qui en extrait le plomb.

Recyc-Québec estime que chaque citoyen jette 1,3 kilogramme de déchets électroniques par année. Là-dessus, à peine 100 grammes aboutissent au recyclage. Les appareils électroniques et les ordinateurs renferment de grandes quantités de matières récupérables ou potentiellement toxiques: résine époxy, fibre de verre, BPC, PVC, plastiques thermodurcissables, plomb, étain, cuivre, silicone, béryllium, carbone, fer et aluminium. Des tonnes de métaux précieux s’entassent dans les dépotoirs de la planète!

Le géant minier australien Xstrata profite déjà de cette manne, en traitant à sa fonderie de Rouyn-Noranda, en Abitibi, des milliers de tonnes de déchets électroniques et informatiques provenant surtout des États-Unis.

Les experts du domaine fondent beaucoup d’espoir sur la Responsabilité élargie des producteurs (REP), un instrument qui a notamment favorisé l’émergence d’une industrie du recyclage des vieilles peintures.

Cette politique qui devait être en place cette année prévoit que les producteurs devront offrir des points de collecte de déchets informatiques et électroniques partout au Québec. «Mais ça tarde à venir. On en discute depuis 2003», déplore Mme Castonguay. Cependant, un partenariat établi depuis 2007 avec la chaîne Bureau en gros, qui récupère pour les CFER les appareils dont les consommateurs ne veulent plus, démontre aux fabricants «qu’une fois que la règle sera instituée, la récupération fonctionnera». 

L’ONU prédit que d’ici à 10 ans les déchets informatiques de l’Afrique du Sud et de la Chine seront de 200 à 400 % supérieurs aux niveaux de 2007; en Inde, ils bondiront de 500 %! Et c’est sans compter l’exportation pas
toujours légale de déchets électroniques vers l’Asie.

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  • 9 déc. 2010
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    Participation de john simon

    Commentaires publiés : Non disponible

    Discussions publiées : Non disponible

    Par john simon
    (Participant occasionnel)

    Commentaire pertinent Je trouve ce commentaire pertinent 0 )

    Le biogaz est en plein essor en ce moment

  • 23 nov. 2010
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    Participation de Gilberte Gélinas

    Commentaires publiés : Non disponible

    Discussions publiées : Non disponible

    Par Gilberte Gélinas
    (Participant occasionnel)

    Commentaire pertinent Je trouve ce commentaire pertinent 0 )

    Il n'y a pas de Mots pour décrire mon étonnement. Super!

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