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En interdisant au printemps dernier 80 ingrédients actifs présents dans 250 insecticides, herbicides et fongicides utilisés à des fins esthétiques, l’Ontario a frappé un grand coup et pris une longueur d’avance sur le Québec.
«Un coup de pied dans le derrière!» commente, admirative, Édith Smeesters, biologiste et porte-parole d’Équiterre pour les questions d’horticulture écologique.
D’autant que, contrairement à ce qui se passe dans la Belle Province, la vente en magasin de ces produits toxiques sera elle aussi prohibée.
Fini, notamment, l’usage et la vente à des fins esthétiques de l’insecticide Merit et des herbicides Roundup et 2,4-D.
Si ce dernier est déjà interdit au Québec par le Code de gestion des pesticides – ce qui a entraîné une poursuite contre le gouvernement canadien de la part de son fabricant, Dow AgroSciences –, ce n’est pas le cas du Roundup et du Merit, qui restent très prisés ici.
«Nous devons profiter de la nouvelle législation ontarienne pour renforcer notre réglementation et rendre ces produits indisponibles. Le gouvernement doit aussi lancer une campagne de sensibilisation auprès du public pour faire évoluer les mentalités et expliquer qu’il existe des solutions de rechange moins toxiques en cas de problèmes d’insectes ou de mauvaises herbes. C’est une question de santé publique», estime Édith Smeesters.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, les pesticides causent chaque année la mort d’au moins 200 000 personnes et en empoisonnent plus de trois millions, dont beaucoup d’enfants.
Engrais chimiques, pesticides, gaspillage d’eau: avoir un «beau» gazon pèse lourd sur l’environnement. Édith Smeesters se montre quand même optimiste.
«Aujourd’hui, les gens qui ont des pissenlits se sentent moins mal à l’aise qu’il y a quelques années, tandis que certains de ceux qui ont une pelouse impeccable commencent à se poser des questions», indique-t-elle.
Une suggestion: pourquoi ne pas remplacer le gazon par du trèfle?