Un an après leur arrivée de Belgique, Monique Meunier et Jean-Marc Meis se sont résignés à mettre en vente leur maison pleine de problèmes.
Photo: Stephan Dussault
Le début de la fin
En mars 2008, Les habitations APEX sont fières d'annoncer le début de la construction de la deuxième résidence de l'écoquartier. «Il s'agit de la maison de Monique, Jean-Marc et leurs trois enfants qui arriveront début mai de la Belgique! Youppi!», écrit APEX dans son infolettre à l'intention des propriétaires de terrains. Un an plus tard, on n'entend plus de youppi. Des mois de retard dans la construction entament le moral du couple. Puis des infiltrations d'eau, une maison impossible à chauffer à l'étage le premier hiver et des problèmes de finition achèvent les résidants. En avril 2009, ils mettent la maison en vente.
Des maisons non sécuritaires
La troisième maison érigée dans l'écoquartier, celle de Jean-François Gauthier, n'est pas une plus grande réussite. Parmi les problèmes, le toit risque de lui tomber sur la tête. La Garantie des maisons neuves de l'APCHQ, qui gère le programme gouvernemental obligatoire d'assurance contre les malfaçons, note que le toit est «sur-sollicité». L'entreprise Douglas Consultants, engagée par M. Gauthier, confirme que la structure est «instable et dangereuse». Pour le reste, «les règles de bonne pratique élémentaires n'ont pas été respectées [...], ce qui a occasionné des déficiences majeures» résume la firme d'ingénieurs.
Plus de 100 000 $ de malfaçons
Les principaux dirigeants d'APEX, Isabelle Saint-Arnaud et Patrick Payette, n'ont pas répondu à nos demandes d'entrevue. Mais lors du passage dans la région de l'équipe de l'émission La Facture de Radio-Canada, à la fin de 2009, Patrick Payette minimisait les problèmes, soutenant qu'il ne s'agissait que du rétrécissement du bois vert qui séchait. Un simple colmatage des fissures avec de la mousse de polyuréthane réglait la plupart des problèmes.
Six mois plus tard, c'est loin d'être l'avis de La Garantie de l'APCHQ, qui n'a pourtant pas la réputation de prendre le parti des consommateurs. Dans une lettre envoyée à Jean-François Gauthier le 20 avril dernier, elle souligne que «les travaux requis [...] dépasseront la limite de couverture à laquelle est tenu l'Administrateur selon le Plan de garantie» et décide de régler le litige en faisant un chèque de 76 625 $ à M. Gauthier. La Garantie des maisons neuves avait déjà investi 28 188 $ pour effectuer des travaux correctifs. Écœuré par cette aventure, et désormais persona non grata dans l'écoquartier, Jean-François Gauthier encaisse le chèque de 76 625 $ et vend sa maison en réduisant le prix de vente d'autant.