Le couple montréalais Danielle Surprenant et Martin Goulet a payé ce terrain 12 000 $ en 2008 dans le but d'y construire sa maison écologique en 2014.
Photo: Stephan Dussault
Le rêve
Il y a deux ans, Danielle Surprenant et Martin Goulet entendent parler du projet de quartier écologique dans le bucolique village de Saint-Mathieu-du-Parc
, porte d'entrée du Parc national de la Mauricie, à une quinzaine de kilomètres de Shawinigan
. Ça tombe bien: ces citadins de Montréal songent depuis un certain temps à acheter une maison à la campagne. Troquer la cravate, le tailleur et le boulevard Décarie contre le jeans, la mouche noire et la maison écolo dans un patelin de 1300 habitants les séduit. «Le projet était vraiment emballant. En plus d'être écologique, il avait un volet communautaire fort», se souvient Martin Goulet. En septembre 2008, le couple débourse 12 000 $ pour l'achat d'un des 60 terrains du futur quartier durable et commence à tout mettre en œuvre pour s'y établir en 2014.
APEX fait tout
Le responsable du projet: la coopérative Les habitations APEX, qui fabrique plusieurs modèles de maisons depuis 2004, dont des résidences en bois rond. Au fil des ans, les deux principaux artisans d'APEX, le couple Isabelle Saint-Arnaud et Patrick Payette, intègrent plusieurs éléments écolos à leurs constructions, comme le toit vert. Mais la petite entreprise voit grand et se met à rêver d'un quartier vert. En 2007, le constructeur achète 100 hectares de terrains à Saint-Mathieu-du-Parc, qu'il divise en lots
. Le projet de quartier écologique, baptisé De feuilles en aiguilles, est né. C'est APEX qui édictera les règles, vendra les terrains et construira les maisons.
Plus qu'une maison verte
L'ambitieux projet dépasse largement celui de la maison verte. Dans le contrat notarié, on a bien sûr prévu des éléments comme le toit vert, l'énergie solaire passive
, la récupération de l'eau de la douche pour les toilettes, l'isolation en laine de mouton et l'interdiction de matériaux moins écologiques, comme les fenêtres et les revêtements extérieurs en PVC. Le quartier sera assujetti à plusieurs règles qui feraient sursauter le banlieusard. APEX interdit la tondeuse à essence, le climatiseur, le bardeau d'asphalte sur les toits et l'asphalte dans les entrées. Le contrat oblige aussi les résidants à laisser à l'état sauvage 75 % de leur terrain. De son côté, APEX promet une piste cyclable, prévoit l'intégration d'une résidence pour personnes âgées, d'un jardin communautaire, d'une garderie, d'un café bistrot communautaire et assure que la forêt derrière le quartier deviendra un centre d'interprétation de la nature.