Mon beau sapin... Ajouter à vos signets

Paru en décembre 2009

Par Rémi Maillard


Photo: iStockphoto

 

Est-il plus écolo d’acheter un sapin de Noël naturel ou artificiel?

Une analyse du cycle de vie (ACV) réalisée par la firme montréalaise ellipsos, spécialisée en développement durable, a tranché: le premier génère 3,1 kg d’équivalent CO2 tandis que le second en émet 8,1 kg sur une base annuelle*.

Bien qu’il soit de plus en plus populaire au Québec – 72 % des ménages qui ont fait un arbre de Noël en 2008 l’ont adopté, contre 63 % en 1996 –, le sapin artificiel représente donc un mauvais choix environnemental, d’après ellipsos.

En effet, sa production entraîne des émissions polluantes, il n’est pas recyclable et comme il est presque toujours fabriqué en Asie, son transport exige une énorme quantité d’énergie.

Et encore, l’ACV ne tient pas compte des émissions de dioxines provenant du plastique durant l’utilisation et l’élimination de l’arbre, s’il est brûlé, ni des impacts associés aux additifs présents dans le PVC.

Pour qu’il devienne la meilleure solution, il faudrait le réutiliser pendant au moins 20 ans, notent les auteurs de l’étude. Or, sa durée de vie moyenne en Amérique du Nord est aujourd’hui de six ans.

Au contraire, le sapin naturel présente l’avantage d’être cultivé sur des terres souvent peu propices à l’agriculture. De plus, en séquestrant du CO2 tout au long de sa croissance, il permet de lutter contre l’effet de serre. Sans parler de sa bonne odeur de forêt et du plaisir de l’acheter…

En revanche, même s’il peut être recyclé, sa fin de vie occasionne des émissions de gaz carbonique et de méthane qui contribuent aux changements climatiques. À noter aussi que la culture des sapins nécessite l’usage de fertilisants et de produits toxiques, notamment du diazinon, un pesticide à large spectre très nocif pour la biodiversité.

Cela dit, «dans un cas comme dans l’autre, les impacts sont négligeables comparés à ceux d’autres activités, par exemple l’utilisation d’une voiture pour des déplacements de proximité», souligne Jean-Sébastien Trudel, président d’ellipsos et coauteur de l’étude.

La preuve? Pour compenser les émissions de gaz à effet de serre d’un arbre de Noël, quel qu’en soit le type, il suffirait d’aller au travail en faisant du covoiturage ou en prenant son vélo d’une à trois semaines dans l’année.

Pas de quoi nous priver du bonheur de revivre un petit peu de notre enfance !

* Le sapin naturel est récolté dans une plantation située à environ 150 km de Montréal. Le sapin artificiel est fabriqué en Chine et expédié à Montréal par bateau et train via Vancouver; sa durée de vie est de six ans. Ces résultats s’appliquent spécifiquement aux résidants de la métropole.

 
 
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