Pourquoi consommer responsable?
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«Liés aux valeurs et perceptions de l’acheteur, les motivations et les freins des Québécois jouent un rôle primordial, voire déterminant dans le fait de consommer éthique ou non», dit Fabien Durif, professeur à l’Université de Sherbrooke et chercheur à l’Observatoire de la Consommation Responsable.
Le Baromètre 2010 de la consommation responsable au Québec est l’une des premières études qui pointent ainsi la relation entre les motivations, les freins et l’achat responsable. «Auparavant, d’autres études montraient que de fortes rétentions vis-à-vis de la consommation responsable se soldaient inévitablement par de faibles passages à l’acte. Pour expliquer ce phénomène, les chercheurs avaient alors tendance à identifier des critères sociodémographiques distinctifs, entre autres l’âge, le sexe ou les revenus», ajoute M. Durif.
En règle générale, les femmes sont plus motivées et moins freinées que les hommes. Cela se ressent d’ailleurs dans un degré d’achat responsable supérieur à celui des hommes. La même constatation est valable pour les locataires par opposition aux propriétaires.
Sources de motivations
Chez les Québécois, la première motivation d’achat de produits ou services responsables est d’ordre environnemental: 71,2 % d’entre eux ont bien conscience que leur geste peut avoir un effet sur l’environnement. En privilégiant ce type de consommation, 62,4 % souhaitent encourager les entreprises qui démontrent un engagement social et environnemental, 55,9 % veulent contribuer à une répartition plus équitable des ressources et 55,7 % espèrent soutenir l’emploi local.
En deuxième position du trio des motivations, la santé fait une entrée remarquée. Dans une proportion de 50,5 % nos concitoyens affirment que les produits et services issus de la consommation responsable sont meilleurs pour la santé; 45,8 % pensent même que leur utilisation diminue les dangers pour leur santé. On peut noter que plus le niveau d’éducation du consommateur augmente, moins la motivation «santé» est élevée.
Persuadés que leurs gestes personnels ont un impact général sur la société, les Québécois consomment aussi de façon responsable parce que cela leur permet d’avoir une bonne image d’eux-mêmes. En effet, 40,6 % précisent que cela leur donne le sentiment d’être une bonne personne, tandis que 40 % y voient une manière d’augmenter leur estime personnelle.
Besoin de reconnaissance, peut-être? Néanmoins, quelle que soit leur motivation première, les Québécois sont sur la bonne voie. Vont-ils rester motivés? Le Baromètre 2011 de la consommation responsable au Québec le dira.