Le pouvoir du consommateur
«Un sondage du Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec révélait que plus de 80 % des Québécois voulaient acheter localement, mais étaient incapables de satisfaire leurs besoins. Le plus grand défi reste de passer à l’acte», dit Isabelle St-Germain, coordonnatrice générale adjointe d’Équiterre.
Selon Mme St-Germain, trois freins limiteraient les envies des Québécois: l’identification claire des produits locaux et biologiques dans les supermarchés, la disponibilité des produits et la perception que le prix est élevé. Une perception quelque peu erronée, car les produits locaux de saison sont moins chers ou offerts au même prix que les produits importés. Ce qui vient souvent fausser la donne: la tendance de certains supermarchés à brader leurs stocks importés.
Quant aux motivations des consommateurs, «cela tient principalement à une recherche de qualité et de fraîcheur, de bienfaits pour la santé, mais aussi à la volonté d’appuyer l’économie locale et de se rapprocher du producteur», précise Mme St-Germain. L’aspect environnemental vient toujours dans un second temps.
Tout comme Fabien Durif, elle insiste sur le fait que par ses achats le consommateur peut influencer directement une entreprise, aussi grande soit-elle. Elle ne manque pas de rappeler le cas de Cadbury qui, en août 2010, a mis sur le marché canadien une barre chocolatée certifiée équitable (sucre et chocolat) sous la pression de ses clients.