Introduction
Réjean Poudrette
Après l’Ontario et l’Australie, c’est au tour du Canada de signer la fin des ampoules à incandescence.
Pour le gouvernement canadien, cette mesure est l’une des plus efficaces pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de neuf millions de tonnes par année, soit l’équivalent du retrait d’environ 1,46 million de voitures de la circulation.
L’idée appartient pourtant à Cuba qui, dès 2005, décidait de remplacer les ampoules traditionnelles par des versions à faible consommation, une mesure aussitôt imitée par le Vénézuela.
L’ampoule à incandescence consomme tellement d’énergie que son utilisation n’est plus justifiée, estiment les gouvernements concernés. Selon Ressources naturelles Canada, elle n’utilise à des fins d’éclairage que 5 % de l’électricité qu’elle consomme; tout le reste est perdu en chaleur.
Le Canada s’éclairera donc à l’ampoule fluocompacte, qui consomme le quart de l’énergie et peut durer jusqu’à 10 fois plus longtemps. Mais ce type d’ampoule n’est pas parfait: sa luminosité plutôt froide ne fait pas l’unanimité, les modèles compatibles avec les gradateurs d’intensité sont très limités et la plupart des animaux qui habitent un vivarium ont besoin de la chaleur de l’ampoule classique.
L’ampoule fluocompacte coûte aussi plus cher que la version à incandescence et contient généralement 5 mg de mercure, ce qui complique son élimination. Au Québec, il faut attendre les collectes de résidus domestiques dangereux ou aller les porter dans l’un des centres reconnus par Recyc-Québec; on peut aussi les retourner dans les succursales d’Ikea (de la région de Montréal uniquement).
La bonne vieille ampoule n’est pas morte pour autant. General Electric (GE), le numéro deux mondial de l’éclairage, dévoilait en février dernier la mise en marché, prévue pour 2010, d’une ampoule à incandescence à rendement énergétique élevé, «presque aussi efficace» que sa concurrente fluocompacte et vendue à meilleur prix.
Qui gagnera la partie? Voici les points de vue de Stuart Hickox, directeur exécutif à One Change, un organisme sans but lucratif qui promeut le remplacement des ampoules à incandescence par des modèles fluocompacts, et de Kim Warburton, responsable des communications et des relations publiques chez GE Canada.