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Comment élaguer vos arbres?

Par Rémi Leroux

Mise en ligne : août 2014

 | 

Magazine : septembre 2014

Érables, ormes et autres frênes doivent être entretenus régulièrement pour vivre longtemps en santé. À qui confier la tâche délicate d’élaguer vos arbres?

Les longues branches de l’érable qui embellit votre terrain menacent d’endommager le cabanon de votre voisin? Attention, Bruno Paquet, président de la Société internationale d’arboriculture Québec (SIAQ-Québec) explique qu’un arbre ne supportera pas un élagage mal fait ou des soins inappropriés : « Le remède s’avérera pire que le mal », dit-il. Et l’arbre pourrait mourir. Il est donc essentiel de faire appel à des professionnels formés, qui sauront bien vous conseiller. Voici quelques questions indispensables à vous poser avant de passer à l’action.

1. Quels sont vos besoins?
2. Comment choisir un professionnel?
3. Combien ça coute?
4. Quels recours en cas de travail mal fait?

 Quels sont vos besoins?
Avant de contacter un professionnel de l’arboriculture, il est important de déterminer le type d’entretien que vous désirez effectuer. Inutile de faire élaguer vos arbres chaque année, dit Bruno Paquet. « Il suffit de les examiner tous les deux ans pour vous assurer qu’ils sont en bonne santé, qu’il n’y a pas de champignons sur le tronc ou de branches brisées dangereuses. »

En revanche, vous aurez besoin d’aide dans les trois cas suivants :

• Une branche endommagée menace de tomber. Si la dernière tempête a fait la vie dure à votre arbre, envisagez un élagage de sécurité qui vise à supprimer les branches potentiellement dangereuses pour les personnes et les biens. Le professionnel formé pour réaliser une telle opération est l’élagueur.


estimée à partir des bénéfices (environnemental, social, économique, paysager, etc.) qu’il procure à la société.

Source : Ville de Montréal.

La valeur d'un arbre est-elle inestimable ?
Correction: dans la version magazine de cet article (septembre 2014), nous avons écrit que la valeur d'un arbre urbain était estimée à 100 000$. Or, tout aussi précieux qu'il soit, un arbre urbain ne vaut pas aussi cher. Ce chiffre est le fruit d'une mauvaise interprétation des données fournies par la Ville de Montréal. La valeur d'un arbre urbain est en fait évaluée à 1000 dollars environ et on compte quelque 675 000 arbres publics sur l'île de Montréal, excluant ceux des grands parcs.

• Les branches sont si basses qu’elles touchent le sol ou gênent la circulation sur le terrain. L’élagueur est aussi habilité à réaliser un élagage d’entretien. Assurez-vous cependant qu’il n’enlèvera pas plus de 20 % de la ramure d’un arbre dans une même année. Au-delà de ce seuil, l’arbre peut être fragilisé.

• Vous soupçonnez que l’arbre est malade. Comment le savoir ? Les symptômes sont nombreux : taches sur les feuilles, apparition de champignons sur le tronc ou de caries à l’emplacement d’anciennes blessures. Les causes peuvent être très variées : parasites, champignons et autres insectes sont susceptibles de fragiliser, voire de faire mourir les arbres (voyez l’encadré ci-dessous au sujet de l’agrile du frêne).

Dans ce genre de situation, vous pouvez solliciter l’expertise d’un arboriculteur ou d’un consultant en foresterie urbaine. En cas de doute sur l’état de santé d’un arbre, l’arboriculteur pourrait vous suggérer de faire appel au consultant pour compléter ou confirmer son diagnostic. En effet, le consultant dispose généralement d’outils de diagnostic et de moyens d’investigation plus poussés que l’arboriculteur.

Si malgré tous les soins apportés aucune cure n’est envisageable, vous devrez sans doute abattre l’arbre malade. L’élagueur est formé pour ce genre d’opération. Dans la plupart des municipalités au Québec, couper un arbre nécessite un permis. Sur l’île de Montréal par exemple, ce permis vise généralement les arbres ayant un diamètre égal ou supérieur à 10 cm, mesuré à 15 cm du sol. Avant d’agir, contactez votre municipalité, car les réglementations diffèrent considérablement d’une ville ou d’un arrondissement à l’autre.

« Dans certains cas, l’abattage sera autorisé sans permis dans la cour arrière de la propriété, mais pas si l’arbre est situé en façade, dit Luc Nadeau, ingénieur forestier spécialisé en foresterie urbaine. Cela permet aux municipalités de préserver le patrimoine urbain, en prévenant entre autres les cas d’abattage excessif. Certaines municipalités exigent aussi que le propriétaire fournisse le rapport d’un expert, un consultant forestier par exemple, au moment de déposer une demande de permis d’abattage ; d’autres vont envoyer leurs propres techniciens pour confirmer le diagnostic. » Il est donc important de bien se renseigner auprès des services concernés. Les sites Internet des municipalités disposent souvent d’une section « Permis et autorisations ».

Bonnes pratiques
Au Québec, les bonnes pratiques en arboriculture sont réunies dans un document du Bureau de normalisation du Québec (BNQ) intitulé « Entretien arboricole et horticole ». Ces normes sont, depuis 2001, l’outil de référence des arboriculteurs et élagueurs québécois, qui s’y réfèrent sur une base volontaire. Ce document stipule notamment que l’élagage des arbres peut être pratiqué toute l’année, bien que certaines périodes ou situations peuvent s’avérer moins propices. Mieux vaut réfréner vos ardeurs, par exemple, lorsque la température tombe sous -20 °C, lors des périodes de montée de la sève, de floraison ou de fructification, ou encore lorsqu’une attaque d’insectes ou une maladie affaiblit les arbres à élaguer.

Ayez le bon mot !
Votre élagueur peut vous proposer différents types d’élagage d’entretien selon vos besoins. Voici des termes à connaître pour vous assurer de bien comprendre l’intervention proposée.

L’élagage d’assainissement consiste à couper les branches mortes, malades, brisées, fragiles, et à supprimer les ramifications qui entravent la croissance de l’arbre.

Le rehaussement de la couronne permet d’augmenter la surface dégagée au sol en coupant les branches les plus basses, pour favoriser la circulation sous l’arbre, par exemple.

L’éclaircissage consiste à enlever une partie des branches dans le but d’aérer et d’alléger la ramure de l’arbre, sans toutefois en changer la forme. Il permet notamment d’orienter la croissance de l’arbre sur certaines branches, considérées plus solides.

Le rééquilibrage de ramure est un élagage qui permet de corriger des défauts esthétiques – lorsque l’arbre pousse de façon inégale, par exemple – et d’ainsi redonner à l’arbre sa forme naturelle.

 Comment choisir un professionnel ?
Un bon Samaritain vous offre des conseils ou propose de venir vous dépanner avec sa tronçonneuse ? Il vaudrait mieux vous tourner vers un professionnel pour éviter une opération mal faite qui pourrait vous attirer bien des ennuis.

N’importe qui peut s’octroyer les titres d’arboriculteur et d’élagueur, puisqu’ils ne nécessitent aucun permis, et qu’il n’y a pas d’ordre professionnel dans le domaine. Pour vous assurer que le travailleur choisi est compétent, sachez poser les bonnes questions :

• Avez-vous suivi une formation en arboriculture-élagage ? Ce programme s’est développé au Québec au cours des 15 dernières années. Il mène à l’obtention d’un diplôme d’études professionnelles (DEP). « Faire affaire avec le titulaire d’un DEP est, pour le consommateur, un gage de bonnes pratiques et de respect des normes de sécurité », affirme Jérémie Bellemare, arboriculteur-élagueur, enseignant au Centre de formation horticole de Laval.

• Êtes-vous membre de la Société internationale d’arboriculture Québec ? L’adhésion à la SIAQ se fait sur une base volontaire, mais les membres s’engagent à respecter son code de bonnes pratiques. Le répertoire de la SIAQ est un bon endroit pour commencer sa recherche.

• Adhérez-vous aux normes du Bureau de normalisation du Québec (BNQ) ? Si ce n’est pas le cas, ne faites pas affaire avec cette personne.

• Puis-je voir votre certificat d’assurance responsabilité civile et votre certificat d’assurance de la Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST) ? « Le premier couvre l’entreprise en cas de préjudices corporels ou de dommages physiques causés au client ; le second protège les employés de l’entreprise qui font un métier dangereux », explique Jean Lamontagne, consultant et professeur en arboriculture à Fierbourg, centre de formation professionnelle.

Comme pour n’importe quels travaux, sollicitez plusieurs entrepreneurs. Mais ne privilégiez pas forcément le moins cher, conseille Jérémie Bellemare : « Choisissez celui en qui vous avez confiance, qui vous aura fourni des explications détaillées sur la nature des travaux à effectuer. » 

 

Besoin d’un consultant forestier en milieu urbain ?
Aucune formation reconnue ne mène à l’obtention du titre de consultant en foresterie urbaine. Les ingénieurs forestiers qui ont choisi de se spécialiser dans le domaine l’ont fait sur une base volontaire et dans le cadre d’une formation continue. Pour entreprendre vos recherches, appuyez-vous sur le registre de la Société internationale d’arboriculture Québec (SIAQ) et ciblez les consultants qui y adhèrent. Vous serez ainsi assuré qu’ils respectent le code de bonnes pratiques de la SIAQ. 

 Combien ça coûte ?
Les coûts reliés à l’entretien des arbres peuvent varier selon leur taille, leur emplacement ou encore leur état de santé.

• L’évaluation : demander une soumission à un entrepreneur en arboriculture est généralement gratuit.

• Le diagnostic : la plupart des experts en foresterie urbaine facturent entre 100 et 200 $ pour évaluer l’état de santé d’un ou de plusieurs arbres sur une propriété. L’arboriculteur remet par écrit les recommandations à l’issue de la consultation.

• Le permis d’abattage : son coût varie selon les municipalités. Certaines ne le font pas payer, mais en général, attendez-vous à débourser entre 50 et 100 $.

• Le traitement : les nombreuses variables (nature de la maladie, produit utilisé, type de traitement) ne permettent pas d’établir de prix précis. Luc Nadeau estime qu’un traitement peut coûter « entre quelques dizaines de dollars et plusieurs centaines ».

• L’élagage ou l’abattage : en général, les élagueurs proposent un forfait calculé sur la base d’un tarif à l’heure. Comptez en moyenne entre 145 et 185 $ de l’heure pour une équipe de trois personnes outillées (camion déchiqueteur, équipements de sécurité, etc.). La facture totale dépendra de la nature des travaux, de la taille de l’arbre, de son accessibilité et de l’emplacement de la propriété. Une intervention à Montréal coûte en général environ 15 % de plus en raison du trafic, de la difficulté d’accès, estiment les experts.

• L’essouchement : pour faire enlever la souche de l’arbre abattu, il faut compter entre 3 et 5 $/cm de diamètre de l’arbre.

• Abattre sans autorisation : cela pourrait vous valoir une amende salée. Par exemple, dans l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie, à Montréal, le montant varie de 500 à 5 000 $ (en cas de récidive), pour chaque arbre abattu sans permis.

L’agrile du frêne fait des ravages
En Amérique du Nord, le frêne est une essence menacée. Depuis que l’agrile du frêne, un insecte de couleur métallique qui mesure moins de deux centimètres, est apparu sur le continent en 2002, des dizaines de milliers d’arbres sont morts.

Les symptômes d’une infestation sont difficiles à déceler. Les larves de l’agrile bloquent la circulation de la sève en creusant des galeries dans la couche de bois où circule ce liquide. L’arbre meurt alors en deux à cinq ans. Les insectes adultes endommagent aussi les frênes en se nourrissant de leurs feuilles. Dans certains quartiers sur l’île de Montréal, les frênes représentent la principale essence d’arbre : il y en aurait 200 000 dans la métropole. Quelque 1 200 frênes devraient être abattus d’ici la fin de 2014 et plus de 10 000 au cours des prochaines années à Montréal, soit 20 % de l’espèce.

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À lire sur Protégez-Vous.ca

L'agrile du frêne: vos arbres sont-ils infestés

 Quels recours en cas de travail mal fait ?
Un élagage mal fait se voit au premier coup d’œil. Par contre, ses conséquences sur la santé de l’arbre mettront du temps à se manifester. « Ce n’est souvent qu’après deux ou trois ans que l’arbre va commencer à dépérir », explique Luc Nadeau. Difficile dans ces conditions de se retourner contre son élagueur.

Au moment de la signature du contrat, « il est essentiel de faire mettre par écrit ce qui sera fait, explique Bruno Paquet. Quel type d’élagage ? L’élagueur doit-il repartir avec les branches coupées ? Doit-il arracher la souche ? En cas de problème, ce document écrit servira de preuve ». Compte tenu des montants engagés, si vous n’êtes pas satisfait du travail effectué, vous pourrez déposer une plainte à la Cour des petites créances, jusqu’à une réclamation maximale de 7 000 $.

Toutefois, vous ne pourrez probablement pas faire jouer votre propre assurance. Un contrat d’assurance habitation standard couvre, sous certaines restrictions, les arbres, les plantes et les pelouses contre l’incendie, la foudre, l’explosion, le choc avec un véhicule ou le vandalisme. Mais pas contre le travail mal fait par un élagueur. Ces conditions peuvent varier d’un assureur à l’autre. Renseignez-vous auprès du vôtre.

 

L’arbre à chicanes
Vous avez demandé à plusieurs reprises à votre voisin de couper les branches de son orme qui dépassent dans votre cour. C’est sa responsabilité. S’il refuse d’obtempérer, vous pouvez toujours avoir recours aux tribunaux. Mais avant cela, pensez à la médiation citoyenne, qui peut vous éviter bien des démarches et des tracas. En moyenne, deux séances de médiation sont nécessaires pour résoudre un conflit, et la plupart des dossiers sont réglés en moins d’un mois, alors qu’il faut plus d’un an pour avoir accès aux petites créances. Renseignez-vous auprès des Organismes de justice alternative (OJA).

Les experts consultés pour cet article sont : Bruno Paquet, président de la Société internationale d’arboriculture Québec ; Luc Nadeau, ingénieur forestier, spécialisé en foresterie urbaine ; Jérémie Bellemare, arboriculteur et élagueur, enseignant au Centre de formation horticole de Laval ; Jean Lamontagne, consultant et professeur en arboriculture ; Anne Morin, responsable des affaires publiques au Bureau d’assurance du Canada ; Ville de Montréal ; Pascal Vendette, résident de Saint-Lin-Laurentides.

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