Un nouvel organisme canadien promet des économies de chauffage de 80 % pour un surcoût de construction de seulement 10 %. Tout un pari !
Photo: iStockphoto
Depuis quelques années, les sceaux d’excellence pour la qualité de construction de maisons se sont multipliés. Au Québec, les maisons certifiées Novoclimat et LEED (pour Leadership in Energy and Environmental Design) gagnent tranquillement en popularité.
Novoclimat propose surtout des habitations étanches, qui permettent des économies de chauffage d’environ 25 % par rapport à la moyenne des nouvelles maisons.
De son côté, la certification LEED propose un système de pointage plus large englobant d’autres aspects écologiques, tels que la gestion efficace de l’eau, par exemple l’installation de récupérateurs d’eau de pluie, ou l’achat de matériaux plus sains, comme des planchers sans PVC ou des panneaux de gypse fabriqués localement.
La nouvelle tendance pousse encore plus loin le concept de résidence écoénergétique. On parle maintenant de maisons certifiées « passives », c’est-à-dire qui ne consomment à peu près pas d’électricité.
On y trouve une isolation hors du commun, les fenêtres les plus étanches, les ventilateurs à récupération de chaleur les plus performants, des techniques de construction bien pensées et de bons choix de départ, comme de bien placer la maison et d’éviter autant que possible de percer des fenêtres orientées vers le nord.
Au final, une maison passive canadienne devrait diminuer de pas moins de 80 % les coûts de chauffage par rapport à une résidence similaire respectant les normes minimales de construction. Le tout pour un surcoût d’à peine 10 %, promettent les certificateurs de maisons passives.
Car il ne faut pas confondre la maison passive avec la maison « nette zéro », c’est-à-dire qui ne consomme pas plus d’énergie qu’elle n’en produit. Dans de telles habitations, de coûteux systèmes, comme des toits solaires ou la géothermie, sont nécessaires pour atteindre ces objectifs.
Pour éviter le greenwashing
Mais qu’est-ce qu’une maison « à peu près passive »? Et comment s’assurer qu’elle l’est vraiment et qu’il ne s’agit pas de la dernière technique marketing du constructeur pour obtenir le contrat de construction de votre projet ? C’est pour éviter tout risque de greenwashing que des organismes ont commencé à certifier les maisons passives.
Le grand maître de la certification en la matière, Passivhaus, est allemand.
Depuis sa création en 1988, environ 15 000 maisons dites passives ont été construites. Depuis, des « franchises » de Passivhaus, soit des regroupements s’engageant à respecter ses lignes directrices, se sont ouvertes un peu partout dans le monde.
Aux États-Unis, le Passive House Institute a été créé en 2008. Il vient tout juste de certifier une première résidence passive en Californie. En ce qui concerne l’isolation, par exemple, on parle d’un toit isolé d’un facteur R-74, comparativement à R-30 pour une maison typique au pays, et des murs isolés d’un facteur R-31 comparativement à environ R-12.
Mais peut-on vraiment réduire sa consommation de chauffage de 80 % dans un frigo comme le Canada ? Surtout, peut-on le faire pour un surcoût de seulement 10 %, soit 20 000 $ de plus pour une maison de 200 000 $ ? Le Canadian Passive House Institute (CPHI), tout récemment créé, assure que oui. Selon l’organisme, bien penser la maison ne coûte rien et génère de bonnes économies. Pour le reste, il suffirait de mieux travailler et d’empiler davantage d’isolant !
Si aucune maison n’a encore été certifiée passive au Canada, des projets sont en cours, dont un à Montebello, en Outaouais. Construction et dépassements de coûts étant presque des synonymes, nous reviendrons sur le sujet après l’édification de cette habitation pour vérifier si le CPHI a tenu sa promesse de grandes économies d’énergie à petit coût.
Pour en savoir plus
Passive House Institute US
Canadian Passive House Institute (en anglais seulement)
Écohabitation
Toutes les Nouvelles