
Quand Marlène Côté a vu les véhicules aux couleurs du Bureau énergétique du Québec sillonner sa région du Saguenay–Lac-Saint-Jean au début de 2009, elle s’est aussitôt dit : « Les problèmes commencent. »
Ses craintes étaient fondées. Ça fait deux ans que l’agente de l’Office de la protection du consommateur (OPC) voit les clients mécontents défiler à son bureau de Jonquière.
Des dizaines de personnes de la région, mais aussi de la Gaspésie, du Bas-Saint-Laurent et de Québec, disent s’être fait avoir par cette entreprise qui se présente souvent comme un organisme provincial, puis propose un échangeur d’air « révolutionnaire ». Sa particularité ? Il chauffe l’air grâce à une petite thermopompe intégrée.
Des centaines de milliers de dollars sont en jeu. Car il s’agit ici d’appareils qu’on réussit à vendre de 10 000 à 12 000 $, alors qu’un échangeur d’air efficace coûte autour de 2000 $.
Daniel Marsolais, professeur depuis une vingtaine d’années dans une école de métiers de Laval et spécialiste des appareils de ventilation et de chauffage, a analysé pour nous cet échangeur d’air, le ÉdenAir 8000. Il est certain d’une chose : « Un échangeur d’air à 10 000 $, ça ne se justifie pas. »