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Earth Overshoot Day: le «jour du dépassement»

Par Rémi Maillard

Mise en ligne : septembre 2009

Photo: iStockphoto

Mardi 23 septembre 2008. Vous n’avez rien remarqué et pourtant, ce jour-là, les humains ont épuisé les ressources que la planète produit en un an.

Autrement dit, du 24 septembre au 31 décembre nous avons vécu «à crédit».

Baptisée Earth Overshoot Day («jour du dépassement»), cette date a été
calculée grâce à une méthode mise au point par l’organisation non gouvernementale Global Footprint Network.

Son directeur général, Mathis Wackernagel, est également le co-inventeur, avec l’universitaire canadien William Rees, du concept d’«empreinte écologique», apparu un peu avant le Sommet de la Terre de Rio, en 1992.

Selon l’ONG basée aux États-Unis, les besoins de l’humanité ont commencé à excéder les capacités de la biosphère le 31 décembre 1986.

Depuis, sous l’effet de l’augmentation de la population et, surtout, de ses habitudes de consommation, le «jour du dépassement» arrive chaque année plus tôt. En 1996, il était tombé au début de novembre; en 2007, le 6 octobre.

«Notre objectif est de sensibiliser le monde aux conséquences du déficit écologique qui se creuse, explique Pati Poblete, porte-parole du Global Footprint Network. Ce nouvel indicateur montre que nous sollicitons les écosystèmes bien au-delà de leur capacité de régénération, ce qui accélère le changement climatique et aggrave des phénomènes comme l’érosion de la biodiversité, la déforestation, la pollution des océans et la pénurie d’eau douce.»


Les trois plus gourmands

L’opération vise en priorité les habitants des pays les plus riches. L’Amérique du Nord, l’Europe et le Japon consomment à eux seuls 80 % des ressources naturelles du globe; ce sont donc eux qui doivent le plus réduire leur empreinte écologique.

Faute de quoi, il sera notamment impossible de diviser par deux les émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2050 par rapport à leur niveau de 1990, et les conséquences du changement climatique produiront des effets incontrôlables, affirment les scientifiques.

De sombres prévisions que reprend l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans ses Perspectives de l’environnement à l’horizon 2030: «Si aucune action nouvelle n’est entreprise, nous risquons, au cours des décennies à venir, de modifier de façon irréversible les conditions environnementales sur lesquelles repose le maintien de la prospérité économique.»

À voir:
Global Footprint Network

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