Peur de quoi?
En abordant les vendeurs au Salon de l’habitation, nous avions jeté un doute sur la qualité de notre eau potable, surtout en ce qui concerne la présence de plomb et de vieux tuyaux peut-être contaminés dans cette maison centenaire.
En revanche, nous avions spécifié que la dureté de l’eau n’était pas un problème.
Qu’ont découvert les quatre visiteurs? Rien. Simplement parce que leur laboratoire portatif ne vérifie que la dureté de l’eau, un facteur qui peut entartrer les tuyaux des électroménagers qui consomment de l’eau chaude, comme la laveuse et le lave-vaisselle, et imposer l’utilisation de plus de détergent.
Cela dit, une eau dure n’a aucun impact sur la santé, qui était notre seule préoccupation. Pour avoir un véritable portrait de la qualité de l’eau du robinet, il faut être prêt à payer quelques centaines de dollars pour la faire analyser par un laboratoire.
Surtout qu’avec une teneur en minéraux de 6,4 grains par gallon (gpg), il s’agit d’une eau «modérément dure» selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Rien à voir avec le discours de trois des vendeurs passés chez nous, qui qualifient une eau de «dure» à partir de 3,5 gpg.
Or, à ce taux, il n’est pas nécessaire d’adoucir l’eau, ajoute-t-on à la Ville d’Ottawa, qui a publié un document sur le sujet.
«Une eau qu’il n’est surtout pas souhaitable d’adoucir», tranche Raymond Desjardins, professeur à l’École Polytechnique de Montréal et directeur du Centre de recherche, développement et validation des technologies et procédés en traitement des eaux (CREDEAU).
L’ingénieur souligne qu’une eau douce est plus «agressive» et va dissoudre davantage de produits toxiques pendant son parcours jusqu’au robinet.