Les résultats de l'eau analysée
Les démonstration de ces vendeurs avait pour but premier de diaboliser l’eau du robinet. Rien de surprenant à cela, sauf que les arguments fournis dépassent souvent l’entendement.
«Pourquoi pensez-vous qu’il y a une explosion de cancers?» demande le représentant d’Eagle, avant d’ajouter: «À chaque gorgée, vous buvez 640 produits chimiques.»
Faux. Avant de recevoir les vendeurs, nous avons fait faire une analyse complète de l’eau de notre maison témoin par un laboratoire indépendant.
Résultat: une eau parfaitement potable. Aucune trace de plomb, de mercure, de cyanure, d’arsenic, de nitrates, de phosphates ou de coliformes fécaux.
On a bien détecté la présence de cuivre et de trihalométhanes (des dérivés du chlore), mais à des taux respectivement 25 et six fois inférieurs au maximum permis.
Parmi tous les vendeurs rencontrés, seul le représentant de Culligan n’a pas fait piètre figure. Pourtant, son dépliant criard («Pour une analyse d’eau gratuite, il suffit de dire... "Hé! Monsieur Culligan"») n’annonçait rien de bon.
Au Salon, c’est le seul qui a souligné que l’eau de Montréal était potable. Et une fois dans notre maison, c’est le seul qui percevait l’achat d’un adoucisseur d’eau comme un luxe et non une nécessité. Et son dispositif adoucisseur-filtres-osmose inversée était, à 3300 $, le moins cher du lot.
Ce n’est pas donné – c’est même inutile selon les experts que nous avons interrogés –, mais c’est quand même 10 600 $ de moins qu’un ensemble similaire vendu par RainSoft, qui offre un système financé sur 10 ans, soit «seulement 116 $ par mois».