Cas vécu: cinq heures de retard

Un couple de la Rive-Sud de Montréal a connu plusieurs désagréments durant son déménagement, en juin 2006.
Alors que les employés de Déménagement Beauchemin devaient se présenter entre 8 h 30 et 9 h, ils arrivent avec cinq heures de retard.
Pendant les travaux, une base de lit et des murs sont endommagés et tachés.
Le déménagement n’est même pas terminé qu’on demande le paiement complet, par carte de crédit, sans quoi on confisque les meubles. Des frais pour les housses de matelas et l’assurance, jamais mentionnés avant le déménagement, sont ajoutés.
On demande aux clients de signer un nouveau document qui ne porte pas l’en-tête de la compagnie.
Un paragraphe mentionne que le document «constitue l’unique et seule convention entre les parties» et qu’il remplace les contrats précédents. On tente d’y limiter la responsabilité des déménageurs.
Quand les clients soulèvent des doutes sur la validité de ce papier, le déménageur profère des menaces, bouscule sa cliente et exige d’utiliser son cellulaire – facturé à la minute – pour compléter la transaction.
La semaine suivante, les consommateurs tentent à trois reprises d’entrer en communication avec l’entrepreneur pour réclamer un dédommagement. Chaque fois, le service à la clientèle prend le message en note, mais personne ne rappelle.
En cour, la juge Micheline Laliberté estime que les demandeurs offrent un témoignage crédible et présentent des preuves documentaires suffisantes pour soutenir leurs allégations. Elle leur accorde les 1 091,50 $ réclamés pour le retard et les dommages.
Au fil des années, Déménagement Beauchemin, aujourd’hui connu sous le nom de Déménagement Laurier, a accumulé les clients insatisfaits.
L’entreprise a perdu au moins quatre litiges aux petites créances, ne daignant même pas se déplacer en cour, malgré des convocations en bonne et due forme.
Au cours des deux dernières années, l’Office de la protection du consommateur a enregistré cinq plaintes contre elle; aucune n’a été réglée à la satisfaction du consommateur.
Jugement no 505-32-021445-060