Introduction
La copropriété connaît un grand succès au Québec depuis une dizaine d’années. La part de marché des condos dans l’ensemble des nouvelles habitations est passée de 12 % en 1996 à 25 % en 2006.
On compte aujourd’hui plus de 300 000 unités dans la province et les promoteurs en construisent environ 10 000 nouvelles chaque année.
Mais ici comme ailleurs, la copropriété amène son lot de problèmes. À Toronto, les gens se bousculent pour acheter des condos dont les fondations ne sont même pas encore coulées.
Or, comme l’ont constaté nos confrères de l’émission Marketplace en janvier dernier, les consommateurs voient souvent une grande différence entre ce qu’on leur a vendu et ce qu’ils obtiennent: un stationnement «protégé» qui donne directement sur la rue, un plancher de «béton poli» qui ressemble à celui d’un sous-sol non fini, un garde-robe walk-in dans lequel on vous défie d’entrer... Le problème: les contrats de vente permettent aux promoteurs de changer à peu près tout en cours de construction.
Illustrations de ce dossier: Serge Gaboury
En France, la copropriété existe depuis plus de 50 ans. Mal gérés et mal entretenus, des immeubles par centaines sont aujourd’hui en difficulté. Par exemple, dans la copropriété de La Noue, en banlieue de Paris, plusieurs ascenseurs sont en panne, des fenêtres sont fracassées et des escaliers menacent de s’effondrer. L’État doit payer 155 millions d’euros pour réhabiliter le bâtiment. À Clichy-sous-Bois, la mairie rachète des copropriétés qui tombent en ruine, les détruit et construit des HLM à leur place.
Au Québec, le marché est moins surchauffé qu’à Toronto et les bâtiments sont moins vieux qu’en France. Mais chez nous, bien des mythes entourent encore ce type d’habitation. La réalité est souvent fort différente...