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Insonoriser son habitation contre le bruit

Par Stéphan Dussault

Mise en ligne : juillet 2011

 | 

Magazine : août 2011

Photo: Shutterstock

Vous n’en pouvez plus d’entendre votre voisin passer la soirée à zapper devant sa télé ? Vous préférez remettre votre t-shirt sale plutôt que de subir le vacarme de la laveuse au sous-sol ? Vous ne voulez pas connaître les secrets que se confient vos ados dans la chambre d’à côté ? Avant de péter les plombs, tentez d’améliorer l’insonorisation de vos murs et plafonds.

En général, les deux grands ennemis de la quiétude sont les fuites d’air et les vibrations. Un mur qui laisse passer l’air laissera forcément passer le son. Pour atténuer le bruit, vous devez voir le mur comme une boîte étanche.

La transmission des vibrations, elle, génère également beaucoup de bruit. On l’atténue surtout par l’ajout de matériaux, comme des barres résilientes et des produits isolants.

Mesurer l’insonorisation

Sur les emballages des produits insonorisants, vous trouverez souvent un indice de transmission du son (ITS), le plus souvent affiché sous le sigle STC, pour Sound Transmission Class. Cet indice détermine l’atténuation du son entre deux pièces. Il concerne davantage les bruits aériens de la voix que les bruits d’impact des talons hauts. Cet indice est un bon point de départ, mais ça ne suffit pas.

Surtout que les fabricants ne comparent pas toujours leurs matériaux avec toutes les techniques possibles sur le marché, ce qui complique l’analyse de leurs résultats. Les experts insistent aussi sur la qualité d’assemblage. De petits détails peuvent gâcher votre beau travail.

Si le mur qui sépare votre chambre du salon est composé de colombages de 2X4, de laine isolante et d’un panneau de gypse, son ITS est probablement de 35. Cela suffit pour étouffer une conversation à voix basse, rien de plus. Et dans plusieurs cas, c’est même illégal. Le Code de construction 2005, en vigueur dans bien des villes, impose un ITS de 50 pour les murs entre des résidences mitoyennes.

Pour y arriver, vous pouvez investir dans de coûteux travaux. Des entreprises proposent par exemple de souffler de la cellulose, de doubler l’épaisseur des murs ou d’installer des plafonds sur des rails fixés aux murs et non aux plafonds. Si ces procédés donnent d’excellents résultats acoustiques, notre but ici est plutôt de vous proposer deux méthodes simples, économiques et efficaces pour arriver à un niveau d’insonorisation satisfaisant en le faisant vous-même. 

Photo: iStockphoto

Pour la rénovation d’un mur, les trois ajouts suivants augmenteront chacun le facteur ITS d’environ 5, une différence aisément perceptible. Résultat: un mur d’un facteur ITS de 50, ce qui suffit pour assourdir presque complètement une conversation très animée de 80 dB.

La laine isolante

On en trouve dans les murs mitoyens, mais rarement dans les cloisons séparant les pièces d’une maison. Laquelle choisir? «Tout est une question de densité», dit André Gagné, directeur technique à l’Association­ provinciale des constructeurs d’habitations du Québec (APCHQ). Ainsi, la cellulose soufflée dans les murs arrive en tête, suivie de la laine de roche (verte), puis de la laine de verre (rose). «Cela dit, l’écart de prix ne justifie pas d’installer de la cellulose», ajoute-t-il. La cellulose soufflée est plus écologique et insonorisante. Mais pour les murs, une installation bien faite nécessite un entrepreneur spécialisé, qui facturera plus de 1 $ le pied carré. Pour la moitié du prix, vous pouvez poser de la laine de verre ou de roche.

Et que penser des laines insonorisantes sur le marché, comme les isolants de verre QuietZone ou de roche Safe&Sound? Le spécialiste en construction Yves Perrier­ suggère de ne pas payer plus cher pour avoir ces produits, « l’augmentation de performance acoustique étant assez mince». Cela dit, la différence de prix est souvent minime.

Les barres résilientes

Elles absorbent les vibrations, entre autres en diminuant le contact direct entre les panneaux de gypse et les colombages. Faciles à installer, elles sont vissées horizontalement aux colombages et distancées de 16 po (41 cm). Ce sont sur ces barres que seront fixés les panneaux de gypse.

Vous voulez éviter d’enlever le gypse sur le mur existant et songez à poser des barres résilientes et de nouveaux panneaux par-dessus ? Vous risquez d’augmenter le bruit! Des études soulignent que ce type d’ouvrage peut créer une caisse de résonance. Comme quoi les mêmes produits peuvent donner des résultats très différents lorsqu’ils sont mal utilisés.

Le double mur de gypse

Visser une deuxième épaisseur de panneaux de gypse ne retranche pas beaucoup d’espace et est efficace. Mais pour obtenir cette efficacité, il faut que la double épaisseur soit posée sur des barres résilientes et non directement sur les colombages, sinon la différence sonore ne vaut pas le coût. Choisissez des panneaux de gypse de 5/8 po (1,6 cm) d’épaisseur et privilégiez ceux de catégorie X, qui sont plus denses et donc plus insonorisants que les autres de même épaisseur.

Deux conseils pour limiter les fuites d’air: tirez grossièrement les joints de la première épaisseur de gypse et décalez les panneaux pour qu’ils ne se superposent pas.

Et que penser des panneaux de fibre de bois, dont le plus connu ici est de marque Sonopan ? Dans une étude publiée en 2009, l’APCHQ soutient que deux panneaux de gypse donnent de meilleurs résultats qu’un panneau de gypse et un panneau de fibre de bois.

1. Panneaux de gypse de 5/8 pouce
(2 épaisseurs)
2. Barres résilientes
3. Laine insonorisante
4. Colombages

1. Panneaux de gypse de 5/8 pouce (2 épaisseurs)
2. Barres résilientes
3. Laine insonorisante
4. Colombages
5. Membrane acoustique
6. Contreplaqué
7. Plancher de bois franc

Le plafond

On l’insonorise un peu de la même façon qu’un mur, mais à l’horizontale ! Notez toutefois que l’isolant n’a pas à combler tout le vide. Les spécialistes en construction suggèrent de remplir environ les deux tiers de l’espace.

Vous voulez vous éviter ces travaux en installant un plafond suspendu pour votre salle de cinéma maison au sous-sol? Surtout que vous avez vu à la quincaillerie des «tuiles acoustiques» de liège. «Dans ce cas, le terme “acoustique” signifie que vous diminuerez l’écho dans la pièce. Pour l’insonorisation entre les pièces, c’est presque zéro», dit Yves Perrier.

Le plancher

Pour optimiser le travail, il vaut mieux s’attaquer au plancher quand c’est possible. La façon la plus simple est d’y déposer un tapis, une solution moins populaire aujourd’hui, plusieurs lui préférant le bois. Sinon, si vous refaites votre plancher, vous aurez l’embarras du choix des membranes acoustiques à placer entre le contreplaqué du plancher et le revêtement, comme la mousse alvéolée, le caoutchouc, la fibre de coton ou le polyéthylène.

Mais pour André Gagné, le plus important est de «désolidariser» les épaisseurs, ce qui signifie que le revêtement ne doit pas être cloué au contreplaqué. Le but: éviter que les clous ne transmettent les vibrations. Une solution: clouer le revêtement, par exemple le bois franc, sur une deuxième épaisseur de contreplaqué.


4 erreurs qui peuvent anéantir votre beau travail

  • Omettre le scellant acoustique. Ce scellant en tube est essentiel, surtout au bas des murs. Avant de visser les panneaux de gypse, appliquez le scellant autour du carré du mur.
  • Poser deux prises électriques dos à dos. Tentez de ne pas placer deux prises à l’intérieur d’un même colombage. Sinon, les sons dans une pièce voyageront plus aisément dans l’autre par les trous des prises.
  • Négliger la fenêtre. Celle qui est installée dans les maisons neuves a un ITS autour de 30, ce qui correspond à un mur non isolé. Vous pouvez opter pour un modèle dont l’un des deux verres est de 6 mm d’épaisseur au lieu du traditionnel 3 mm. Vous pouvez aussi choisir une fenêtre à triple vitrage, mais cela vous coûtera bien plus cher, et comme elle est plus lourde, la durée de vie du système d’ouverture pourra en être diminuée.
  • Négliger la porte. Oui, une porte pleine ou capitonnée est plus insonorisante qu’une porte creuse. Mais avant de payer pour une nouvelle porte, tentez d’améliorer l’étanchéité autour de celle qui est déjà en place. Enlevez d’abord les boiseries fixées au mur et colmatez l’espace entre les montants de bois et le cadre de la porte avec de la laine de verre. Terminez le travail en installant des coupe-froid comme on le ferait pour une porte extérieure.

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