Acheter un condo pour son enfant
Hier, vous vous penchiez pour l’embrasser avant sa première journée à la maternelle. Aujourd’hui, il vous dépasse d’une tête et se prépare à entrer à l’université. Vous débordez de fierté, mais appréhendez les factures qui accompagnent cette nouvelle étape de votre vie de parent.
En regardant les prix de location d’un appartement en ville ou d’une chambre en résidence, vous vous demandez s’il ne vaudrait pas mieux investir le montant d’un loyer dans l’achat d’une copropriété, dont la vente pourrait ensuite générer un profit.
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La réponse à cette interrogation n’est pas toujours aussi simple qu’on le croit.
Selon un sondage mené par TD Canada Trust, 10 % des Canadiens qui envisagent d’acheter un logement en copropriété seraient susceptibles de le faire pour un enfant adulte.
«C’est une tendance depuis environ cinq ans pour les baby-boomers dont les enfants entrent à l’université, note Jacques Vincent, coprésident du constructeur Prével, qui gère de nombreux chantiers d’immeubles en copropriété à Montréal. Les gens ont vu que, ces dernières années, l’immobilier a été un bon investissement. Alors, quand ils doivent payer un loyer pour un jeune, des parents y pensent.»
Luc Goyer n’a pas attendu d’être «tendance». En 1995, il a acheté un logement neuf à Montréal pour la troisième de ses filles, alors étudiante à l’université.
«J’ai été enchanté de l’expérience, dit cet entrepreneur des Cantons-de-l’Est. Même que j’ai regretté de ne pas avoir fait la même chose pour mes deux plus vieilles, qui ont étudié à Sherbrooke. Surtout pour celle qui a fait un doctorat et pour qui j’ai versé un loyer pendant sept ans.»
Luc a payé 90 000 $ pour l’appartement, situé sur le Plateau Mont-Royal. Cinq ans plus tard, il l’a revendu 120 000 $. Comme le titre de propriété était inscrit au nom de sa fille, dont c’était la résidence principale, aucun impôt n’a été prélevé sur le gain en capital.
L’étudiante y habitait avec son copain, qui payait un loyer à Luc. Le père n’a pas calculé ce qu’il a dû débourser, en cinq ans, en honoraires de notaire, droits de mutation, charges de copropriété, taxes, intérêts hypothécaires et assurances. Il ne connaît donc pas la rentabilité exacte de l’aventure.
«Mon but principal n’était pas de faire un gain, mais plutôt d’aider ma fille pendant ses études et de m’assurer qu’elle était bien logée», dit-il.
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