Mauvaise surprise...
Karine Chabot et Stéphane Boucher ne pensaient jamais voir autant de variétés de moisissures dans leur vie.
En janvier 2007, ils se mettent à la recherche d’une maison. Ils tombent en amour avec une résidence de L’Assomption, en banlieue de Montréal, bâtie en 1962 et assise sur un terrain de 15 000 pi2. Ils l’achètent en avril sans même la faire inspecter.
La famille Chabot-Boucher a vu son sous-sol fini
se transformer
en cave de béton
à cause d'infiltrations d'eau.
Photo: Réjean Poudrette.
Les vendeurs sont de bonne foi, leur assure le courtier, qui leur suggère d’aller au plus vite étant donné que le délai de la promesse d’achat est sur le point d’expirer. Trois ans plus tard, en avril 2010, un juge leur accorde plus de 27 000 $ pour faire nettoyer et réparer un problème d’infiltration d’eau aussi gigantesque qu’insoupçonné.
Une malchance? La Cour du Québec regorge de centaines de causes où l’acheteur exige d’être dédommagé après avoir découvert un sérieux problème d’humidité dans la maison existante où il vient d’emménager.
Hypothéquer la maison
et la santé
Chez les Chabot-Boucher, c’est en enlevant
le tapis du sous-sol que les dommages
sont apparus. Le couple constate alors que le
contreplaqué est dans un état avancé de putréfaction.
Et le papier noir dessous est imbibé
d’eau. L’une des sources de l’écoulement:
une fissure dans le mur de fondation, cachée
par des détritus au moment des visites. Il faut
entre autres défaire les murs intérieurs pour
décontaminer, et ceinturer la maison d’un
drain français.
Entretemps, le sous-sol est une zone sinistrée.
Plus de salle familiale, plus de chambre.
Un des enfants doit même dormir dans la
chambre de ses parents au rez-de-chaussée.
Le couple dit au juge avoir l’impression de
vivre dans un logement de quatre pièces et
demie.
Il faut dire que le rapport de la firme
d’experts venue effectuer des analyses microbiologiques
conclut à la présence d’une colonie
anormale de champignons. «La plupart
des moisissures ont comme effet généralisé
d’être irritantes pour les muqueuses (yeux,
nez, gorge), de provoquer de la congestion
nasale avec des symptômes s’apparentant
à des rhumes ou à des grippes à répétition.
Elles ont tendance à provoquer des réactions
allergiques: rhinites, conjonctivites et dermatites», écrit l’expert Luc Salm.