|
Vous comptez bien profiter du festival «Moules à volonté pour
14,99 $» qu’annonce le restaurant La Pieuvre joyeuse. Surprise: sur
l’addition, les mollusques sont à 20,99 $! Devez-vous payer ce prix?
Absolument
pas: la Loi sur la protection du consommateur stipule qu’aucun
commerçant ne peut, par quelque moyen que ce soit, exiger un prix
supérieur à celui qui est annoncé.
Faites valoir ce point au
restaurateur; si ce dernier refuse que vous payiez le prix annoncé dans
la pub et que vous jugez que le jeu en vaut la chandelle, réglez la
note, gardez-en une copie et communiquez avec
l’Office de la protection du consommateur, qui vous informera sur les procédures à entreprendre pour faire valoir vos droits.
|
|
Le serveur d’un restaurant «Apportez votre vin» refuse que vous
consommiez les deux bières que vous avez apportées. Attitude justifiée?
Non: en décembre 2002, le projet de loi 100 (qui assouplit notamment la Loi sur les permis d’alcool)
a été adopté et autorise, entre autres, les clients de ce type de
restaurant à apporter de la bière et des «alcopops» (boissons
alcoolisées de type coolers) en quantité raisonnable.
|
|
Vous voilà refoulé à la porte d’un bistrot, visiblement parce que
votre marmaille grouillante vous accompagne. Les restaurants peuvent-ils
refuser leur accès aux familles?
Nenni: selon la Charte des droits et libertés,
il s’agit bel et bien d’un motif de discrimination relatif à l’âge. Une
personne, quel que soit son groupe d’âge, ne peut se faire refuser
l’accès à un lieu public.
Il en va de même pour les personnes
handicapées qui n’ont d’autre choix que de se déplacer avec un
chien-guide. Si vous êtes victime d’un tel acte de discrimination,
portez plainte à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.
Par ailleurs, si fiston-cinq-ans a l’habitude de vous accompagner dans des
restos autrement plus «raffinés» que le traditionnel temple de la
boulette de viande local, sachez qu’aucun règlement n’oblige les
restaurants à inscrire des plats pour les tout-petits sur leur carte. Au
mieux, tentez de négocier une demi-portion à moitié prix avec le
restaurateur.
|
|
Le serveur refuse de servir du vin à votre fille de 17 ans qui,
pourtant, en boit un verre à l’occasion en votre compagnie à la maison.
A-t-il raison même si vous lui donnez votre bénédiction?
Tout à fait: tant dans les bars que dans les restaurants, la Loi sur les infractions en matière de boissons alcooliques interdit aux mineurs de consommer des boissons alcooliques dans un établissement qui détient un permis d’alcool.
Bien sûr, certains restaurants toléreront peut-être une entorse à la loi
(si, par exemple, Charlot le propriétaire vous connaît bien), mais le
geste reste fondamentalement illégal.
|
|
Votre serveur brille à la fois par sa désobligeance et son
absence, alors que le restaurant n’est visiblement pas plein à craquer.
Comment réagir?
Autant que possible, faites-lui part calmement de
votre mécontentement. Rien à faire, il reste de glace et poursuit son
petit numéro? Demandez à parler à son supérieur et informez ce dernier
de la situation; on vous assignera alors peut-être un remplaçant.
Sinon, libre à vous de ne laisser aucun pourboire (après tout, il est à la
discrétion du client...) et de vous plaindre le lendemain, par écrit ou
par téléphone, à l’établissement en question. L’employé casse-pieds aura
alors certainement droit à un rappel à l’ordre qui profitera aux autres
clients!
|
|
Vos spaghettis contiennent des champignons — que vous avez en horreur
— alors que sa description sur le menu n’en comportait pas. Pouvez-vous
exiger un autre plat?
En règle générale, devant un tel cas
d’insatisfaction ou un autre (comme une viande bien cuite plutôt que
saignante), le restaurateur devrait accepter sans problème de troquer
votre plat contre un autre.
Idéalement, soyez le plus précis possible au moment de passer votre commande: spécifiez vos préférences,
vos intolérances et vos allergies (s’il y a lieu) et posez des
questions.
|
|
«Condiment» non désiré dans votre soupe: un poil noir plutôt que du poivre noir...
Aucun
restaurant — même le plus chic — n’est à l’abri de ce genre d’incident.
Demandez qu’on remplace votre assiette ou, dans le cas d’un plat trop
froid, qu’on vous le réchauffe; il serait surprenant qu’on refuse de le
faire.
Si tel est le cas, insistez; devant un non catégorique,
partez en ne payant que ce que vous avez consommé (l’apéritif, par
exemple).
Faites de même si vous attendez votre plat depuis une
heure sans qu’on daigne vous expliquer, malgré vos «signaux de
détresse», le pourquoi de ce délai.
|
|
Le restaurant Bouchées triples ajoute un montant de 4 $ à l’addition
parce que vous avez partagé une gigantesque assiette de pâtes à deux. En
a-t-il le droit?
Oui, s’il l’a indiqué sur son menu. Sinon, il
s’agit d’une infraction à la Loi sur la protection du consommateur en ce
qui a trait à l’omission d’un fait important: en effet, il est interdit
pour un établissement de passer sous silence ce genre d’informations à
ses clients.
|
|
Malheur! On vous a volé votre manteau pendant que vous dégustiez
sagement votre côtelette d’agneau. Pouvez-vous vous retourner contre le
restaurateur?
Cela dépend. Si vous lui confiez votre manteau
contre récépissé dans un vestiaire (payant ou non), oui, étant donné que
le restaurant accepte alors de prendre vos effets en consigne et qu’il
s’agit là, selon le Code civil, d’un contrat de dépôt (le restaurateur agissant alors comme dépositaire).
La
règle est la même si on vous oblige à y ranger votre manteau — alors
que vous souhaitez le garder avec vous — sous prétexte, par exemple,
qu’il gêne le passage des employés.
Par contre, s’il s’agit d’un
établissement où le vestiaire est ouvert et où vous pouvez donc
récupérer librement vos affaires, la responsabilité du restaurateur
n'est pas engagée (même si le personnel vous aide à mettre ou enlever
votre manteau pour ensuite le placer lui-même!), surtout si un écriteau
bien visible indique que l'établissement se dégage de toute
responsabilité.
|