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Autisme: apprenez le jeu à votre enfant

Par Catherine Crépeau

Mise en ligne : octobre 2015

 | 

Magazine : novembre 2015

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Photo: Shutterstock

Jouer n’est pas instinctif pour une majorité d’enfants ayant un trouble du spectre de l’autisme. Les parents peuvent toutefois les stimuler et les initier au plaisir du jeu au moyen de ces conseils de pros.

Au Québec, environ un enfant sur 100 présente un trouble du spectre de l’autisme (TSA), selon la Fondation québécoise de l’autisme. Ce trouble, qui affecte le développement du cerveau, se manifeste par des difficultés à communiquer et à interagir avec les autres, de même que par des intérêts restreints et des comportements répétitifs. L’enfant touché par ce trouble est généralement peu porté à aller vers les autres, manque d’imaginaire et s’intéresse peu aux jouets.

« Alors que les enfants apprennent et s’intègrent par le jeu, les enfants ayant un TSA, eux, ne savent pas jouer, résume Ginette Bernier, directrice clinique de Programme Caribou, un organisme sans but lucratif qui offre des services d’intervention intensive auprès de ces enfants, à Montréal. Le jeu est donc un manque important dans leur développement », confirme celle qui leur apprend à jouer depuis 23 ans.

étaient scolarisés dans le système d’éducation public québécois en 2010-2011, soit deux fois plus qu’en 2005.
Source: Fédération québécoise de l’autisme.

Stimuler leur intérêt

Les thérapeutes utilisent le jeu pour aider les enfants ayant un TSA à développer leurs compétences et leurs habiletés sociales. Les parents peuvent aussi contribuer à ce développement en misant sur les jeux et les jouets qui attirent la majorité de ces enfants, c’est-à-dire ceux qui émettent des sons ou de la lumière et qui engagent une « action-réaction ». Les boîtes à surprise qui s’ouvrent lorsqu’on tourne une manivelle en sont un exemple.

Même si les enfants ne savent pas lire ni compter, les jeux impliquant des chiffres et des lettres ont aussi la cote, indiquent les spécialistes. Ces derniers remarquent que les enfants ayant un TSA aiment reproduire des lettres et des chiffres et préfèrent manipuler des blocs portant ces symboles. Ils apprécient aussi les jeux structurés. « Par exemple, assembler un bateau en blocs Lego à partir d’un plan défini sera une activité moins anxiogène pour eux que d’être libre d’utiliser les blocs à leur guise, car ceci demande de la créativité », précise Ginette Bernier. Pour les mêmes raisons, il vaut mieux éviter la pratique du dessin. Les activités qui exigent la manipulation d’un ballon présentent aussi un énorme défi. « Pour eux, c’est complexe. Car pour attraper le ballon, il faut d’abord le suivre des yeux. Ensuite, il faut rester à distance, vérifier que l’autre joueur nous regarde avant de lancer, et si ce n’est pas le cas, attirer son attention… C’est trop d’information à gérer en même temps », explique Audrey Duquette, psychoéducatrice au CHU Sainte-Justine et coauteure du livre L’enfant autiste : stratégies d’intervention psychoéducatives.

Partager le jeu

Les enfants qui ont un TSA sont rarement enclins à jouer en groupe et à montrer leurs réalisations aux autres. Pour interagir, ils ont besoin d’encouragements, explique Audrey Duquette. Votre enfant s’amuse seul avec une voiture-jouet ? Installez-vous à ses côtés et imitez ses gestes avec une autre voiture afin de capter son attention. Ensuite, ajoutez un élément nouveau : une voiture supplémentaire, une route, une maison, etc. « Il faut cependant y aller de façon progressive, pour ne pas déranger l’enfant, qui est dans son univers. S’il se fâche, on revient au jeu initial. C’est important de ne pas le bousculer. Il faut qu’il ait du plaisir à jouer avec nous si on veut qu’il ait envie de recommencer », explique la psychoéducatrice.

Puisqu’ils provoquent de l’anticipation et des rires, les jeux qui invitent à faire des « coucou », à courir après l’enfant ou encore à le chatouiller sont une autre façon de créer de l’interaction. Audrey Duquette privilégie également les jeux interactifs dans lesquels l’enfant doit formuler des questions. Par exemple, l’enfant a dans les mains une carte avec plusieurs images de chats déguisés et il doit découvrir laquelle de ces images vous avez aussi. Pour cela, il doit vous questionner : « Portes-tu un chapeau ? Un collier ? », etc. Les rôles peuvent ensuite être inversés de manière à stimuler l’écoute chez l’enfant.

Une autre activité gagnante : jouer aux quilles à la maison. Pour provoquer des rires, accompagnez la chute des quilles d’un « badaboum ! » ou autre son stimulant. Il existe aussi des quilles en plastique qui émettent de la musique en tombant. En plus de travailler la motricité grâce au lancer de la boule, ce jeu oblige l’enfant à attendre son tour, ce qui lui apprend à tenir compte de son entourage. Il est aussi possible de modifier le jeu en faisant tourner les quilles sur elles-mêmes comme des toupies.

Favoriser imagination et interactions

Les enfants ayant un TSA manquent généralement de créativité et de flexibilité : « Pour eux, il n’y a qu’une façon de jouer. Une fois que vous leur avez enseigné les règles, ils s’y tiennent », explique Ginette Bernier. Par exemple, si vous construisez une tour avec votre enfant et que vous placez les blocs rouges en bas et les bleus en haut, il est probable que les prochaines fois, il reproduira ce modèle, sans penser qu’il est possible d’inverser les blocs.

Les jeux de « faire semblant » sont aussi très utiles. En incitant l’enfant à imiter les adultes, ce qui n’est pas naturel chez lui, ces jeux contribuent à développer son imaginaire. À l’aide de déguisements, d’outils de construction ou d’une trousse de médecin par exemple, on peut aider l’enfant à reproduire des actions connues, comme soigner son ours en peluche.

Il faut cependant partir du réel puis ajouter progressivement des éléments imaginaires, souligne Ginette Bernier. Ainsi, lorsqu’un enfant qui a un TSA joue avec un service de thé, il est souvent impensable pour lui de « manger » de faux biscuits. « Pour l’aider à imaginer la situation, on doit souvent, au début, mettre de vrais biscuits dans les assiettes, et ensuite, on les remplace par des aliments en plastique ou en pâte à modeler, puis par rien du tout. »

« Faire semblant » encourage aussi l’apprentissage des habiletés sociales. En recréant des situations quotidiennes, l’enfant apprend quoi dire lorsqu’il veut demander à un camarade de jouer avec lui par exemple, ou encore lorsqu’il souhaite répondre à des taquineries. Audrey Duquette aime bien utiliser des figurines d’enfants et d’adultes afin de recréer des situations vécues au parc, à l’école ou à la maison. Les parents peuvent recourir à la même stratégie pour corriger des comportements. « On amène les enfants à imaginer une conversation et des solutions pour qu’ils puissent réagir correctement la prochaine fois. On les pousse à inventer, ce qui va ensuite leur servir toute leur vie », conclut la psychoéducatrice.

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