Des normes strictes
Pour tenter de mettre fin à la confusion, des organismes ont mis sur pied des programmes de normalisation, dont certains connaissent du succès, par exemple l’Eco Certification australienne. Pour l’obtenir, une entreprise doit entre autres démontrer qu’elle contribue à la conservation du milieu naturel et qu’elle collabore avec les communautés locales.
De son côté, l’organisme Green Globe décerne à l’échelle mondiale des certifications basées sur l’International Ecotourism Standard, une norme proche du standard australien.
Chez nous, le Bureau de normalisation du Québec a établi en 2003 une norme pour les produits écotouristiques. Cependant, aucune entreprise n’a encore reçu cette certification. Voici quelques-uns des critères à respecter pour l’obtenir:
- Les activités ne doivent provoquer ni dispersion ni panique chez les animaux sauvages et ne doivent pas modifier leurs comportements.
- Tous les déchets, dont les déchets alimentaires et les matières recyclables, doivent être récupérés.
- Les activités ne doivent pas porter préjudice à la communauté locale.
- L’interprétation constitue l’élément central d’un produit d’écotourisme. Elle vise l’amélioration du niveau de connaissance et d’appréciation du milieu naturel et du patrimoine culturel.
- Pour favoriser les retombées économiques locales, l’entreprise doit recourir le plus possible à des ressources humaines et matérielles locales ou régionales.
Codes de déontologie
Quelques entreprises québécoises d’écotourisme ou de tourisme équitable se sont dotées d’un code de déontologie. Elles y détaillent les principes auxquels elles adhèrent et leurs pratiques sur le terrain. En voici quelques exemples:
- Sans trace. L’entreprise adhère au «sans trace», une série de pratiques qui visent à réduire au minimum l’impact des voyageurs sur le milieu naturel, notamment en établissant les campements à plus de 70 mètres des lacs et rivières afin de protéger les berges.
- Respect de l’environnement. Autant que possible, l’agence essaie de limiter l’achat d’eau en bouteille, car les contenants en plastique sont une cause importante de pollution. Elle favorise la purification de l’eau (ébullition, iode ou filtre).
- Respect des cultures. L’entreprise favorise les contacts avec les communautés locales et l’apprentissage des rudiments de leur langue. Elle met aussi l’accent sur le respect des us et coutumes. Par exemple, dans les pays musulmans, elle recommande de ne pas porter de shorts.
- Fournisseurs locaux. L’agence fait surtout affaire avec les communautés locales afin de maximiser les retombées économiques pour elles.
- Biodiversité. L’entreprise encourage le maintien de la biodiversité. Elle organise entre autres la visite d’endroits dédiés à la protection des papillons, des tortues de mer et des crocodiles.
Tourisme équitable et solidaire
Dans la plupart des formules tout-inclus, jusqu’à 80 % du montant que paye le consommateur revient aux voyagistes internationaux qui possèdent les lignes aériennes et les hôtels.
Le tourisme équitable et solidaire, un peu comme le café, a pour objectif de maximiser les retombées économiques pour les communautés locales. Moins répandue que l’écotourisme, cette approche gagne cependant en popularité, particulièrement en Europe.
«Pour nous, le tourisme doit bénéficier aux populations hôtes et non à des multinationales», explique Louise Constantin, qui dirige une agence de voyages fondée sur les principes du tourisme éthique et solidaire. Parmi ses destinations, elle compte le village de La Ventanilla, dans l’État d’Oaxaca, au Mexique.
Après l’interdiction de la chasse aux tortues de mer en 1990, cette communauté s’est consacrée à la protection de ces animaux contre les braconniers. Les habitants reçoivent des voyageurs et leur offrent des visites d’interprétation; les revenus sont répartis entre les membres de la communauté. Bref, La Ventanilla est un bel exemple de développement durable dans le monde du tourisme.