Où est le problème et que faire?
Où est le problème?
Selon Francine Duquet, Ph.D. et professeure au Département de sexologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), les enfants n’ont pas la maturité émotive pour endosser ce rôle: «La “ culture filles ” alimente l’idée qu’il faut se préoccuper de son apparence, de son look, et parfois même être sexy. Et qu’on doit se préoccuper des garçons. Cela les catapulte dans un univers qui va très souvent au-devant de leur âge. On prend parfois les enfants pour des ados et les ados pour des adultes, ce qui crée tout un décalage.»
L’American Psychological Association (Report of the APA Task Force on the Sexualization of Girls) estime que la sexualisation précoce des filles entraîne un lot de problème, comme une faible estime de soi, la dépression et les troubles alimentaires. Elle contribuerait même à la prévalence de la pédophilie. De son côté, le Réseau québécois d’action pour la santé des femmes identifie l’augmentation des grossesses non désirées et des infections transmissibles sexuellement et le recours aux interventions esthétiques comme des conséquences directes de la sexualisation de l’espace public.
Que faire?
Que les garçons jouent avec des camions et les filles, avec des poupées ne constitue pas en soi un problème. «L’important, c’est de ne pas empêcher un garçon, sous prétexte que c’est un garçon, de jouer à la poupée ou de câliner son ourson. Même chose avec une fille: il ne faut pas l’empêcher de jouer avec des camions ou lui interdire de jouer dans le carré de sable sous prétexte qu’elle va salir sa robe. Il faut développer à la fois la motricité et l’imagination, susciter la curiosité, par la lecture par exemple, de tous les enfants, garçons ou filles», dit Francine Duquet.
Diversifier les modèles constitue une autre avenue: «Il faut leur proposer des exemples de femmes actives, fortes, déterminées et non seulement des filles jolies, riches et célèbres», conseille le site Pink Stinks.
Protéger le monde de l’enfance est aussi important. «Jouer, rire, courir, explorer, faire des “ niaiseries ” aident les enfants à se construire et à être en relation avec les autres», note Francine Duquet. «Il faut aussi ouvrir le dialogue avec nos enfants et leur faire voir que le tout-puissant marketing essaie toujours de leur vendre quelque chose. Mais ce n’est pas qu’aux parents d’intervenir; c’est une responsabilité collective. Nous sommes tous concernés comme société», affirme Lilia Goldfarb.
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Au début de 2011, Walmart lançait sa gamme de maquillage pour les Tweens, c’est-à-dire les enfants de huit à 12 ans. Jean Coutu, de son côté, proposait une ligne de produits à l’effigie de Playboy. Ça complète la «sexyttude» qu’on tente de vendre aux filles, dit Lilia Goldfarb, du Y des femmes de Montréal.
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Sois belle et tais-toi
Les poupées Bratz en font sourciller plusieurs: l’accent est mis sur le paraître, la séduction, la compétition pour être la plus sexy. Des trousses de maquillage à l’effigie de ces poupées sont aussi destinées aux fillettes à partir de cinq ans.
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