Estime de soi: «C’est moi qui ai gagné!»
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Tous les enfants passent par là: une période durant laquelle être désigné le perdant d’un jeu est simplement… inconcevable! Quelle attitude adopter?
Ça arrive généralement vers deux ans et demi ou trois ans. Perdre à un jeu est très mal vécu par la plupart des enfants de cet âge, certains pouvant faire la baboune ou pleurer, quand d’autres vont littéralement vivre un drame existentiel. «La déception peut être très intense pour l’enfant, à tel point qu’il va se mettre à tricher ou piquer une colère. Cela signifie que c’est son estime de soi qui est en jeu», explique Sandra Rafman, psychologue clinicienne et pédiatrique à l’Hôpital de Montréal pour enfants.
Pour certains enfants même, gagner est capital, car c’est devenu une question de contrôle: «Cela se remarque chez ceux qui sont ballottés d’une famille à l’autre, par exemple. Le jeu prend une importance démesurée, car il permet de mettre de côté les peines et les anxiétés véritables», illustre Mme Rafman.
Mais en dehors des cas qui témoignent d’un mal-être plus profond, cette phase est tout à fait habituelle et presque tous les parents y ont droit. Vouloir gagner est en effet bien normal, a fortiori dans une société où la compétition est présente partout, et pas seulement dans le jeu: à l’école, dans le sport, etc. Chez certains jeunes, l’instinct de compétition peut par ailleurs être très développé, surtout lorsqu’ils ont des frères et sœurs aînés auxquels ils ont très envie de «se mesurer»!