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Gare aux produits antiparasites pour chats et chiens

Par Rémi Maillard

Mise à jour : 18 mars 2010

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Mise en ligne : 18 mars 2010

L’Agence américaine de la protection de l’environnement (EPA) et Santé Canada ont annoncé des mesures pour améliorer la sécurité des produits antiparasites pour les animaux domestiques.

Photo : iStockphoto

C’est la multiplication du nombre de cas d’animaux intoxiqués qui a poussé mercredi les deux agences de santé publique à agir. Au cours des cinq dernières années, plus de 1600 chiens et chats sont morts aux États-Unis après avoir reçu un traitement contre les puces ou les tiques, affirme l’EPA.

De son côté, l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire de Santé Canada a recensé 453 incidents concernant des produits antipuces et antitiques appliqués par traitement localisé sur des animaux de compagnie entre avril 2007 et mai 2009.

Selon Santé Canada, les effets indésirables signalés varient de bénins (irritation cutanée) à plus graves, comme des crises épileptiques, voire la mort dans certains cas. Les symptômes les plus courants sont l’apparition de problèmes cutanés, neuromusculaires (tremblements) ou gastro-intestinaux (vomissements).

Permétrhine et cie

Certaines des matières actives présentes dans les produits antipuces et antitiques seraient à l’origine de ces effets indésirables, en particulier la perméthrine.

Dans un rapport publié en 2000, l’organisme américain Natural Resources Defense Council pointait également d’autres substances potentiellement nocives pour les animaux domestiques présentes dans de nombreux produits contre les tiques et les puces, comme les organophosphates et les carbamates.

En attendant les résultats d’analyses plus poussées, Santé Canada suggère que «la définition de la dose recommandée pour différentes catégories de poids pourrait être trop large, de sorte qu’un petit animal pourrait recevoir une dose trop forte et subir des effets plus graves».

Autre problème récurrent noté par le ministère: «l’application d’un produit pour chien à un chat, notamment en ce qui concerne l’ingrédient actif perméthrine», un produit chimique souvent présent dans les pesticides.

«Il ne faut jamais appliquer un produit antipuces pour chien sur le pelage d’un chat, entre autres parce qu’ils n’ont pas le même métabolisme ni le même poids. Et le chat doit être gardé hors de la portée du chien pour le cas où il lui prendrait l’envie de le lécher», met en garde Elyse Rémy, porte-parole de l’Institut national d’information en santé environnementale.

Dans un avis publié le 17 mars, Santé Canada affirme qu’il «collabore avec les fabricants» pour s’assurer qu’ils respectent les exigences suivantes «d’ici un an»:

  • L’étiquette des produits devra contenir une mise en garde pour empêcher l’application d’une dose trop forte sur un petit animal.
  • L’étiquette des produits à application locale contenant de la perméthrine devra comprendre un pictogramme et un énoncé plus clairs pour prévenir l’exposition féline aux produits canins.
  • La notice de sécurité de ces produits devra être améliorée afin d’éviter toute utilisation abusive.

 

Les conseils de Santé Canada et de l’EPA

Si vous êtes inquiet pour votre compagnon à quatre pattes: 

  • Lisez attentivement le mode d’emploi sur l’étiquette des produits. En cas de doute quant à leur utilisation, consultez un vétérinaire pour vous assurer qu’ils sont sécuritaires.

  • Réservez l’usage de produits antipuces et antitiques à l’animal indiqué sur l’étiquette (le produit pour chien sur un chien et le produit pour chat sur un chat).

  • Veillez à ne pas dépasser la quantité indiquée dans le mode d’emploi pour la taille et le poids de l’animal traité.

  • Consultez un vétérinaire si votre animal est malade, âgé, s’il s’agit d’une femelle qui allaite, s’il prend des médicaments ou s’il risque d’être exposé à d’autres pesticides, car il pourrait être plus sensible au produit.

  • Observez de près votre animal durant et après le traitement, et soyez à l’affût de tout signe d’effet indésirable, surtout lors d’une première utilisation.

  • Ne traitez pas les chatons ou les chiots, à moins que l’étiquette du produit n’indique qu’il leur est aussi destiné.

  • En cas de réaction allergique de votre animal, baignez-le immédiatement dans de l’eau tiède en le frottant avec un savon doux et en le rinçant abondamment.

  • Signalez tout incident au fabricant (ses coordonnées doivent figurer sur l’étiquette du produit), qui est légalement tenu de le déclarer à Santé Canada. Ou signalez-le directement au ministère en remplissant un formulaire.

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