L'Agence de l'efficacité énergétique du Québec (AEE) songe à obliger les vendeurs de maison à faire analyser la performance énergétique de leur résidence avant de planter leur affiche «À vendre».

La nouvelle exigence pourrait coûter quelques centaines de dollars aux vendeurs, puisque ce sont eux qui devraient engager un expert pour effectuer cette évaluation. En contrepartie, l'acheteur saurait mieux dans quoi il s'embarque.
Aujourd'hui, il peut toujours demander à voir les factures de chauffage, mais il s'agit d'une information moins précise qu'un test d'infiltrométrie.
«Une cote énergétique élevée permettrait au vendeur de hausser son prix de vente et d'amortir aisément ce coût supplémentaire d'analyse», soutient Mario Canuel, responsable des questions de réglementation à l'Agence de l'efficacité énergétique. Elle pourrait même l'inciter à effectuer des rénovations avant de la mettre en vente.
Aujourd'hui, la plupart des pays européens ont imposé la divulgation de la cote énergétique des maisons à vendre, note Philippe Dunsky, président de Dunsky expertise en énergie, auquel l'AEE a commandé un rapport sur cette question. La note pourrait par exemple s'inspirer de l'échelle Énerguide, de l'Office de l'efficacité énergétique, l'équivalent de l'AEE à Ottawa.

Bien comparer les maisons
Les maisons étant bâties à des époques différentes, et donc avec des normes et des règles de l'art du moment, il pourrait également être intéressant de mentionner le potentiel de gain énergétique de la résidence convoitée. C'est d'ailleurs ce que fait déjà le programme de subvention Rénoclimat de l'AEE.
Par exemple, la cote Énerguide de la résidence montréalaise de l'auteur de ces lignes bâtie en 1908 a été établie à 62 sur une échelle de 100. En plus de mentionner cette information à l'acheteur potentiel, le document pourrait souligner que la moyenne pour une résidence de cet âge est de 51 et que des rénovations écoénergétiques pourraient faire monter la cote jusqu'à 80.
Pour l'instant, le bras écoénergétique du gouvernement du Québec tente d'éviter de braquer les vendeurs avec des coûts élevés d'inspection. «La transition pourrait se faire en douceur et sur quelques années, suggère Mario Canuel. La cote énergétique pourrait d'abord être subventionnée et volontaire».
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